La crise sécuritaire dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest au Cameroun continue de pénaliser le monde des affaires. Depuis son déclenchement en 2016, l’opération des villes-mortes, la destruction des infrastructures diverses, l’arrêt des chantiers d’investissement public, et bien d’autres, ont paralysé les activités des entreprises présentes dans ces deux régions. Dans un nouveau rapport sur les pertes économiques engendrées par la crise, le Groupement international du Cameroun (GICAM) livre des chiffres sur le manque à gagner des entreprises en termes de chiffres d’affaires. « En se focalisant sur 10 secteurs d’activités uniquement, ces pertes sont estimées à près de 800 milliards de FCFA au bout de trois ans », peut-on lire dans l’étude.
Lire aussi : 40 milliards de biens et services des entreprises détruits en zone anglophone
Le secteur de la distribution est le plus touché avec 206,655 milliards de FCFA de pertes, l’insécurité ayant fait le lit des circuits d’approvisionnement informels dont plusieurs alimentés par les produits de contrebande. A cela s’ajoute les secteurs de l’agro-industrie et la filière café-cacao. Ils ont subi des pertes respectives d’environ 199 milliards et 125 milliards FCFA chacun.
Le patronat estime à près de 18,5 milliards FCFA le montant des recettes perdues par l’État depuis le début du conflit en termes de recettes de l’impôt sur les sociétés, des redevances et autres taxes diverses dans le même temps. Le décompte quantitatif fait état de 159 jours de «villes mortes» dans le Sud-Ouest, et 141 dans le Nord-Ouest en 2017 et 2018, soit l’équivalent respectivement de 30,6% et 27,1% du total de jours ouvrés de ces années, ainsi que des pertes occasionnées représentant entre 20% et 30% du volume d’activités global au total.
Sur les 3 années que dure la crise sécessionniste anglophone, l’estimation sommaire porte à plus de 2 milliards de FCFA les conséquences des « villes mortes», de l’insécurité et des destructions diverses, l’arrêt des chantiers d’investissement public débouchant sur des manques à gagner importants en termes de chiffres d’affaires pour les entreprises. Le Gicam a également recueillis les perceptions des entreprises sur la situation de la crise. Ainsi, selon les entreprises consultées, « 86% d’entre elles annoncent que la crise dans ces régions a des répercussions négatives très importantes (50%), et importantes (36%) sur leurs activités ».
Articles similaires
Auteur: Francky
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.