
Selon l’Elysée, le président Macron a «le plus grand respect pour la nation algérienne, pour son histoire et pour la souveraineté de l’Algérie».
Intervenant à la clôture des travaux de la Conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires algériennes au Palais des Nations, à Club des Pins (Alger), M. Lamamra a déclaré que l’Algérie prendra part à la conférence de Paris sur la Libye, «mais pas au niveau du président de la République».
L’Algérie va participer à la conférence sur la Libye qui devra avoir lieu demain en France. C’est ce qu’a affirmé, hier, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, lors d’un point de presse organisé à la fin des travaux de la Conférence des chefs des missions diplomatiques et consulaires algériennes, organisée au Palais des Nations au Club des Pins (Alger), précisant toutefois que le «président Abdelmadjid Tebboune ne prendra pas part au sommet de Paris sur la Libye, les conditions de sa participation personnelle n’étant pas réunies».
«Nos frères libyens ont insisté pour une participation active de l’Algérie», a encore déclaré le chef de la diplomatie algérienne.
La réponse de l’Algérie à l’invitation exprimée publiquement la veille par les autorités françaises était attendue, d’autant plus que l’Elysée, via un communiqué reprenant les déclarations d’un conseiller d’Emmanuel Macron, avait adopté un ton qui s’apparente à un mea culpa par rapport aux propos tenus par le président français le 30 septembre dernier.
En effet, l’un des conseillers du président français a déclaré, mardi en début de soirée, au cours d’un point de presse consacré à cette conférence sur la Libye, que «le président de la République regrette les polémiques et les malentendus engendrés par les propos rapportés», précisant que celui-ci «est fortement attaché au développement des relations entre la France et l’Algérie», comme l’a indiqué l’Elysée dans un communiqué.
Le même conseiller ajoute que «le président Macron a le plus grand respect pour la nation algérienne, pour son histoire et pour la souveraineté de l’Algérie».
La présidence française a indiqué, d’autre part, que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, était invité à la conférence sur la Libye.
«L’Algérie est un acteur majeur dans la région et le président souhaite la participation du président Tebboune à cette conférence», a ajouté le même conseiller de l’Elysée.
Ces propos ont été qualifiés de «raisonnables» par M. Lamamra puisque, poursuit-il, «ils respectent l’Algérie, son histoire, son présent et en tant que nation».
S’agit-il d’un début de dégel ? Difficile de répondre à la question pour l’instant. Bien que les derniers propos de l’Elysée aient été qualifiés de «raisonnables», cela ne semble pas suffisant pour que l’Algérie soit représentée au sommet de Paris par le président de la République. Dans
tous les cas de figure, les propos tenus par Macron le 30 septembre ont été jugés à Alger d’une gravité sans pareille, ce qui avait conduit, faut-il le souligner, au rappel, le 2 octobre, «pour consultations» de l’ambassadeur d’Algérie à Paris, Mohamed Antar Daoud.
Hier, le chef de la diplomatie algérienne a tenu à rappeler que ce sont les propos du président Macron, qui s’était posé des questions lors d’une rencontre avec des jeunes «d’origine algérienne», – des propos rapportés par le quotidien français Le Monde – sur «l’existence de la nation algérienne avant 1830» qui sont à l’origine de la crise actuelle.
Dans un entretien accordé au journal allemand Der Spiegel, le 5 novembre dernier, Abdelmadjid Tebboune avait affirmé qu’«il ne ferait pas le premier pas», les propos de Macron étant «graves».
Ainsi, au-delà de la réaction de la Présidence algérienne, et ce qui s’en est suivi, comme le rappel de l’ambassadeur d’Algérie à Paris, ou
l’interdiction du survol de l’espace aérien algérien par les avions militaires français, les déclarations du président français avaient soulevé un
tollé en Algérie.
Plusieurs institutions du pays, des organisations et des partis politiques les ont dénoncées.
Et dans ce sillage, des ministères ont décidé de remettre sur la table la loi portant généralisation de la langue arabe, interdisant de facto l’usage d’une autre langue, en l’occurrence le français. Tout ceci pour dire qu’a priori, il est fort probable que ce mea culpa ne suffise pas. Du moins pour l’instant.
Abdelghani Aïchoun
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Auteur: Anis Khecheba
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