Des militants politiques issus de différentes formations ont proposé, lors d’une table ronde à Tizi Ouzou, un manifeste pour une sortie de la crise politique actuelle et l’avènement d’une «nouvelle République».
BéJAïA
Beaucoup de détermination
Le douzième vendredi de la mobilisation du mouvement populaire pacifique qui revendique le départ du système en place a été marqué pour ce premier vendredi de jeûne du mois béni de Ramadhan avec beaucoup de détermination de demeurer plus que mobilisé jusqu’au départ sans condition du système en place, comme exigé à travers les pancartes brandies par les manifestants à travers les artères de la ville de Béjaïa. «Pouvoir dégage – Système dégage», «Ulach Smah – Ulach Lvote» ( Pas de pardon – Pas de vote). «Makanche Inetikhabat hata rahil el issabate» (Pas d’élection jusqu’au départ de la bande». La foule très compacte, qui s’est ébranlée à 13h30 de l’esplanade de la maison de la Culture à Amriou, a sillonné, malgré la chaleur sous un soleil de plomb, le grand boulevard d’El-Hammadia vers le carrefour Naceria et la rue de la Liberté avec le siège de la wilaya et la place de la Liberté d’expression Saïd-Mekbel, où les manifestants ont l’habitude de marquer une halte pour faire passer leurs revendications en scandant «Klitou Leblad ya serakine (Vous avez pillés le pays, voleurs) et «Djazaïr Hourra democratia». Certes, la mobilisation populaire enregistrée hier dans les rues de Béjaïa, malgré le Ramadhan, démontre incontestablement que le mouvement populaire se porte bien et déterminé a aller de l’avant jusqu’à l’aboutissement des revendications pour le départ du système, le départ du gouvernement en place et la mise en place d’une équipe de transition de gens intègres et honnêtes n’ayant aucun antécédent avec le système en place.
Pour les manifestants, le départ total du système est la seule condition à permettre d’aller vers des solutions meilleures. Brandissant des slogans comme «La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple», les manifestants démontrent leur attachement a une démocratie saine et participative composée des souches sociales et du mouvement citoyen. Ainsi, le système, qui a opté pour perdurer dans la gestion du pays malgré les revendications fortes des Algériens à travers les marches populaires qui exigent son départ sans conditions, n’augure en rien une solution qui réponde aux aspirations du peuple qui s’exprime de plus en plus à travers la rue. Pour Yanis, un des premiers initiateurs de cette marche du vendredi, la solution est dans le camp du pouvoir, en soulignant : «La mobilisation ne fléchira jamais ; au contraire, elle se renforcera davantage tant que l’entêtement du pouvoir avec le maintien de Bensalah et de Bedoui qui dirigent le pays sans la volonté du peuple, car le peuple est la seule source du pouvoir. Nous marcherons toujours jusqu’à ce que nos revendications soient totalement satisfaites. Le mouvement populaire rejette totalement toutes les solutions qui vont à l’encontre des aspirations du peuple. Pas d’élections avec ce système en place. Notre seul mot d’ordre : système dégage !» Ainsi, au douzième vendredi de la mobilisation du mouvement populaire, la solution tarde à être mise en œuvre avec un système qui persiste à rester aux commandes du pouvoir malgré les revendications du peuple qui réclame leur départ pour une solution définitive, à savoir c’est le peuple qui choisira les gens pour le gouverner.
Tizi Ouzou
Le peuple décidera de son destin
Malgré le jeûne et une chaleur frisant la canicule, une foule assez nombreuse de citoyens de Tizi Ouzou a déferlé hier, 12e acte de la dynamique populaire du 22 février dernier, à la ville des Genêts, pour dire encore une fois aux tenants du système politique en place de laisser le peuple algérien décider de son propre destin.
Des centaines de personnes, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes ont commencé à affluer à l’esplanade du portail du campus universitaire Hasnaoua (Nouvelle-Ville), peu avant 13 heures. La procession humaine grossissait au fil du temps et au fur à mesure qu’elle avançait sur son parcours habituel, pour atteindre plusieurs milliers de marcheurs, dont la majorité a déployé des emblèmes nationaux, les étendards de la culture amazighe, mais aussi et surtout des milliers de pancartes et banderoles sur lesquels étaient transcrits les principaux mots d’ordre de la dynamique populaire pour le changement radical du système politique en place dans notre pays. «Système dégage», «Non aux élections du 04 juillet», «Ulac Lvote Ulac», «Y’en a marre de ce pourvoir», sont entre autres les slogans revendicatifs transcrits sur ces pancartes et banderoles déployées tout au long de cette marche par les milliers de manifestants ayant bravé cette chaleur suffocante, la faim et la soif en ce mois de Ramadhan. Les marcheurs ont également scandé des slogans hostiles aux tenants du système politique en place, tels que «Echaâb Yourid Yetnahaw Gaâ» et «Klitou Lebled Ya Saraqine».
La mobilisation féminine n’as pas été, en ce douzième vendredi de la dynamique du 22 février, de même intensité que durant les précédents vendredis, a-t-on constaté. Pendant que des milliers de manifestants marchaient normalement sur la chaussée et sous une chaleur de plomb, des centaines d’autres personnes drapées de l’emblème national et portant des pancartes revendicatives ont préféré marcher sous l’ombre des immeubles des arbres bordant les trottoirs de la ville des Genêts, a-t-on également relevé. Repérées, ces dernières sont priées par les marcheurs à les rejoindre sur la chaussée et crier avec eux leur soif de justice et de démocratie. La marche, première de ce mois de Ramadhan, s’est déroulée sans aucun incident. Les manifestants se sont dispersés pacifiquement au niveau du Mémorial des martyrs de la ville, sis à l’entrée ouest du chef-lieu de commune de Tizi Ouzou, après près de 3 heures de marche.
Bel. Adrar
Auteur: elmoudjahid
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