Après six trimestres de hausse continue de l’activité, l’économie nationale amorce un ralentissement graduel. La croissance ne dépassera pas 4,3% au troisième trimestre 2025, avant un rebond à 4,7% en fin d’année. Ce tassement attendu s’explique d’abord par le contexte extérieur.

Au troisième trimestre, le soutien de la demande intérieure s’est maintenu, contribuant pour 8 points à la croissance. L’investissement a poursuivi sa progression au rythme de 14,2%, tiré par le renforcement des projets d’infrastructure et la reprise du bâtiment (Ph. L’Economiste)
En Europe, principal partenaire du Royaume, la consommation reste bridée et les exportations hors zone euro fléchissent, réduisant la demande adressée au Maroc. Les importations devraient continuer de croître à un rythme soutenu (+13,8%), tandis que les exportations ralentiraient amputant la croissance de près de 3,7 points de contribution nette. En revanche, la demande intérieure demeure le principal moteur. Dans sa note de conjoncture, le Haut-Commissariat au Plan prévoit notamment une hausse de la consommation des ménages de 4,1% au troisième trimestre soutenue par les hausses salariales et la modération des prix. A cela s’ajoute un bond de l’investissement de 14,2%, porté par la reprise du bâtiment et les grands chantiers d’infrastructure.
L’inflation resterait maîtrisée (+0,4%), grâce à la baisse des prix de l’énergie (-2,7%) et à la stabilisation des produits alimentaires. L’inflation sous-jacente, baromètre de la stabilité des prix, reculerait à +0,8%, confirmant la détente des pressions inflationnistes.

Au troisième trimestre 2025, l’économie nationale aurait connu un rééquilibrage, après le fort rebond du trimestre précédent. La valeur ajoutée primaire se serait légèrement affermie, tandis que celle des autres activités aurait été orientée à la hausse, mais à un rythme plus modéré
Prudence
Pour le quatrième trimestre 2025, le HCP table sur une légère amélioration de la conjoncture mondiale, notamment en Europe, où la détente des taux d’intérêt devrait raviver la consommation et l’investissement.
De quoi soutenir les exportations marocaines, tout en consolidant les moteurs internes: la consommation des ménages continuerait de progresser (+4,4%), stimulée par la revalorisation des salaires publics et la baisse de l’impôt sur le revenu, tandis que l’investissement se maintiendrait à un niveau élevé (+12,6%). Les services et la construction contribueraient ensemble à près d’un demi-point de croissance, confirmant la diffusion progressive de la reprise dans l’économie réelle.
Le HCP appelle néanmoins à la prudence. Une demande européenne encore atone ou une politique monétaire tardive du côté de la Banque centrale européenne pourraient peser sur les exportations marocaines. Ceci étant, certains signaux laissent entrevoir de nouveaux relais de croissance.
Prévue pour février 2026, la mise en œuvre anticipée du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) pourrait favoriser dès la fin de l’année les industries chimiques et électriques, mieux positionnées sur le marché européen.
En tout cas, la reprise semble entrée dans une phase plus équilibrée avec une économie qui avance: elle est portée par la demande interne et les politiques publiques d’investissement dans un contexte mondial incertain.
Phase de rattrapage
Le deuxième trimestre est marqué par une croissance du PIB de 5,5%, son rythme le plus élevé depuis la phase de rattrapage post-Covid. Cette relance engagée depuis un an et demi s’est appuyée sur des moteurs internes puissants: industrie, construction, hébergement et tourisme ont représenté à eux seuls près de 40% de la progression du PIB. La demande intérieure a bondi de 9,2%, soutenue par la confiance des ménages et la reprise de l’investissement. La consommation des particuliers s’est accrue de 5,1% tandis que les entreprises ont relancé leurs dépenses d’équipement. Elles ont profité de financements plus accessibles et de la détente des prix à l’import. Mais cette vitalité a un coût. Le volume des importations s’est envolé de 15,7%, réduisant l’effet positif du commerce extérieur. Parallèlement, les dépenses publiques ont crû plus vite que les recettes (+10,8% contre + 8%), sous l’effet d’une masse salariale en hausse. Résultat: le besoin global de financement de l’économie s’est aggravé à -3,2% du PIB, contre -2% au trimestre précédent.
Khadija MASMOUDI
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Auteur: Khadija MASMOUDI
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