Si l’année écoulée aura été très dure pour l’ensemble des secteurs, ce sera une véritable «Annus horribilis» pour la culture.  Cinéma, édition, arts visuels, audiovisuel, spectacles vivants, concerts, théâtre, tournées, galeries, festivals, événementiel.

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Aucune discipline ne sera épargnée. Partout dans le pays, salles de cinéma, théâtres, galeries et espaces culturels et événementiels sont restés fermés depuis le 14 mars 2020, date du déclenchement de la crise du Covid-19 au Maroc. Des centaines d’événements, de tournages et de festivals ont été annulés.

La Fédération des industries culturelles et créatives (FICC) de la CGEM estime que 100.000 emplois ont été directement impactés par cette crise sans précédent. Si le ministre de la Culture, Othman El Ferdaous, parle d’une baisse de 60% du chiffre d’affaires du secteur, la FICC recense quelque 1.100 entreprises qui ont accusé 70% de baisse de leur chiffre d’affaires en moyenne et un impact économique de 2 milliards de DH.

Des associations culturelles structurantes ont dû cesser leur activité. Plusieurs milliers de professionnels indépendants, d’artistes et de techniciens qui constituent l’écosystème de la création et de la production culturelle au Maroc, se sont retrouvés sans travail.

Plusieurs pays et régions dans le monde ont déjà annoncé la mise en place de fonds d’aide, dotés de plusieurs millions d’euros, pour la relance du secteur des ICC. La France a annoncé un plan de soutien de 2 milliards d’euros pour l’ensemble des secteurs culturels auxquels s’ajoutent quelque 115 millions d’euros pour le spectacle vivant et le cinéma, alors que la ville de Paris a lancé un plan d’urgence en plusieurs étapes pour un budget global de 25,7 millions d’euros.

En Allemagne, quand la seule ville/région de Berlin, consciente de l’importance vitale de sa scène culturelle pour son économie locale, a mis en place un programme d’aide exceptionnelle de 1,7 milliard d’euros, dont quelque 500 millions d’euros pour les artistes indépendants, le gouvernement fédéral a pour sa part annoncé un vaste programme d’aides de 2 milliards d’euros pour soutenir les artistes, les petites entreprises culturelles et créatives, ainsi que les médias.

Qu’en est-il au Maroc, toutes proportions gardées bien sûr? Si la Fondation nationale des musées a annoncé une enveloppe de 8 millions de DH pour le soutien des artistes visuels marocains, et que le ministère de la Culture, lui, a débloqué une enveloppe globale de 39 millions de DH, pour différents secteurs dont le théâtre, la musique chanson, arts de la scène et arts chorégraphiques, acquisitions d’ouvrages auprès des librairies et des éditeurs… du côté des collectivités territoriales, grandes bénéficiaires d’évènements culturels d’envergure, c’est silence radio. Pourtant l’impact de ses activités sur les régions est loin d’être négligeable, particulièrement comme levier du secteur touristique.

A titre d’exemple, il est nécessaire de rappeler l’étude menée par la Fondation Valyans, en 2014, sur les retombées économiques générées par le festival Gnaoua et musiques du monde au profit de la ville d’Essaouira. Pour chaque dirham investi, le festival en a généré 17 pour la cité des Alizés. Les budgets cumulés du festival ont atteint 100 millions de DH en 16 éditions, ce qui équivaut à 1,7 milliard de DH pour la ville. 

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Amine BOUSHABA

 

Auteur: hlafriqi
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