S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, à l’occasion de journée internationale de la femme, cette sociologue déplore le fait que depuis 1965, il ne s’est pratiquement rien passé sur le plan juridique,  alors que la société a profondément changé et connu des mutations extraordinaires et affirmé que les gouvernants et les législateurs « ne veulent pas encore voir cette réalité ». Elle fait part de l’existence de décalage entre les principes généraux d’égalité inscrits dans la loi fondamentale du pays et les pratiques « toujours discriminatoires » à l’égard des femmes.  « Toutes ces résistances qui se manifestent depuis des décennies nous ont conduit à ce moment de rupture», a souligné ‘’L’invité de la rédaction’’ de la chaine III tout en estimant que l’argument de religion, de couleur de peau ou de catégories ne doit avoir aucun impact sur l’égalité des droits de la femme et sa reconnaissance en tant que citoyenne à part entière. 

Lamilitante des droits des femmesa cité le cas de la Turquie et de la Tunisie qui figurent parmi les pays ayant pris  pour fondement l’égalité des citoyens et des citoyennes et relevé l’importance de faire participer les femmes à toutes les décisions du pays, que ce soit sur le plan individuel au niveau collectif et sa participation à définir l’avenir de ce pays dans une Algérie nouvelle. « La nouvelle génération des femmes est très tonique. Non seulement, elles continuent leurs revendications pour l’égalité des droits, mais elles revendiquent aussi un respect dans les espaces publics », s’est-elle félicitée.

Interrogée sur la situation des femmes en Algérie, Mme Djerbal a révélé qu’au niveau de l’emploi, la moitié des femmes travailleuses sont dans le secteur privé et occupent des postes de travail précaires avec des salaires moindres et non assurées de surcroit.  A ce propos, elle a indiqué qu’une réflexion a été engagée au niveau du réseau ‘’Wassila’’ sur les conditions des femmes dans tous les aspects de la vie sociale, notamment sur sa participation dans le développement économique du pays, hors hydrocarbure.  « Il n’y a que l’économie productive  qui peut offrir des opportunités de travail aux femmes, plus particulièrement aux diplômés des universités », a-t-elle insisté, soulignant le fait qu’en Algérie, les femmes ne constituent que 18% de la main d’œuvre employée, alors qu’en Tunisie ce taux s’élève à 28% et tourne autour de 35% au Maroc.

‘’L’invité de la rédaction’’ a relevé par ailleurs l’intérêt d’une réflexion pour encourager davantage l’accès des femmes dans le monde du travail et d’assurer son autonome et  souligné la nécessité de combattre toutes les discriminations qui existent dans la société, insistant sur la citoyenneté et l’égalité des droits.

Selon Mme Djerbal, l’Algérie a signé toutes les conventions internationales relatives aux droits de la femme avec des réserves  qui les vident de leurs sens de leurs contenus. « Ce n’est pas la peine de signer des conventions qui sont vidées de leurs contenues », a-t-elle fait remarquer, ajoutant que « notre revendication depuis 40 ans était d’énoncer des lois civiles et égalitaires pour protéger les femmes contre toutes formes de discriminations qui existent au sein de la société ». 

« 80% des cas de violence se terminent par le divorce ou le khôl’â »

La sociologue a, en outre évoqué le dossier relatif à la violence faites aux femmes et déclaré à ce sujet que la loi voté en 2015 pour les protéger est très peu appliquée.  « 80%  des cas de violences faites aux femmes recensés au niveau du réseau Wassila se terminent par le divorce ou le khôl’â », a-t-elle informé, indiquant que c’est la seule manière de se protéger et de protéger ses enfants.

L’intervenante qui plaide pour la révision du code de la famille considère que le mal de notre société est beaucop plus profond étant donné qu’il se situe dans les mentalités.  Il est donc question, selon elle, de veiller à changer ces mentalités et certaines pratiques qui affectent les droits de la femme en Algérie. « En somme, et si beaucoup d’acquis ont été arrachés, il n’en demeure pas moins que des insuffisances sont constamment constatées sur le terrain qu’il faut combler à travers un travail de longue haleine et à plusieurs niveau », a-t-elle conclu.

Auteur: elmoudjahid
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