Tout le temps et l’insistance que l’on mettra à en parler ne suffiront pas à taire la colère ni ne vengeront un peuple dépouillé et, jusqu’à il y a peu, impuissant à redresser la barre d’un navire qui, aujourd’hui, tangue dangereusement et met en péril un pays à la santé précaire. Lorsque sonne l’heure du limogeage et que l’on n’a plus de scrupules à comptabiliser ce que l’ex-haut responsable aura accumulé durant son mandat à la tête d’une institution ou même en dehors, tous les coups s’avèrent permis au sein de «la famille» et rien ne sera, donc, épargné à ce dernier. Ils jouissaient d’une confiance absolue en haut lieu.
Intouchables ils étaient, intouchables ils pensaient rester. Une force, non négligeable, dont on se demande encore si elle continue à influencer la résistance au changement, autrement dit, à mener la danse, sans avoir l’air d’y toucher car elle est celle qui craint le plus le danger que constitue le Hirak.
Du coup, dans le cas présent, quoi d’étonnant à ce que l’on se pose de sérieuses questions sur ceux auxquels on peut accorder sa confiance, à ce que l’on se demande qui sont les amis et qui sont les autres. Comment ne pas être tétanisé par cette rue qui refuse de lâcher l’affaire pour éviter qu’une aggravation de la situation n’enterre autant d’espoirs qui grandissent au fil des jours ? En attendant, le système, passablement embarrassé, hésite à choisir entre qui il doit gagner à sa démarche et qui il doit dénoncer et envoyer moisir en taule.
Il ne saurait plus, autrement dit, faire la part des choses entre ses amis et ses ennemis ni avec qui il aurait envie d’exercer son autorité, tant la méfiance lui dicterait de rester vigilant. Comment ne pas se méfier d’une clientèle qui aura glorifié une gouvernance, 20 ans durant, et n’a eu aucun mal à s’en démarquer ? Un scepticisme qui l’empêcherait de faire la distinction entre les détenus pour corruption et ceux nombreux du Hirak. Le doute, à ce propos, aurait même influencé une justice, plus vraiment d’accord, d’un prétoire à l’autre. Celle qui exerce à l’intérieur montre plus de liberté à exercer le bon droit que celle qui sévit dans la capitale.
M. B.
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