Les fleurs sont réputées pour leurs propriétés laxatives et diurétiques et ont été utilisées pour soulager la faiblesse générale, certaines affections respiratoires telles que la toux et la grippe, ainsi que les troubles liés aux calculs biliaires.
Huile essentielle : Une récente étude associant des chercheurs de l’INRA explore le potentiel antibactérien et antioxydant de l’huile essentielle de rose de Damas de Kelaat M’Gouna.
Emblématique de Kelaat M’Gouna et de la région de Drâa-Tafilalet, la rose pourrait offrir de nouvelles opportunités de valorisation. Une récente étude menée avec la participation de chercheurs de l’INRA s’est intéressée à l’huile essentielle de Rosa damascena, en analysant 14 substances naturellement présentes dans cette huile. Les résultats mettent notamment en avant le farnesol, ainsi que le germacrene D, le nonadécane et l’eicosane. Ces substances ont montré un intérêt particulier dans les analyses réalisées par les chercheurs. L’étude suggère que l’huile essentielle de la rose de Kelaat M’Gouna pourrait avoir des effets antioxydants et antibactériens. Autrement dit, certains de ses composants pourraient aider à lutter contre l’oxydation des cellules et contre certaines bactéries. Ces résultats pourraient, à terme, ouvrir de nouvelles pistes pour la valorisation de cette ressource locale, notamment dans les produits naturels, les cosmétiques ou encore certains secteurs utilisant des ingrédients d’origine végétale. Les chercheurs restent toutefois prudents. Les résultats ont pour l’instant été obtenus grâce à des simulations informatiques. Des tests en laboratoire et d’autres études seront nécessaires pour confirmer ces propriétés. Produite au cœur de la Vallée des Roses, l’huile essentielle est obtenue à partir des pétales fraîchement récoltés. Cette recherche contribue ainsi à mieux connaître cette production emblématique et pourrait renforcer, à terme, les perspectives de valorisation économique d’un produit du terroir marocain.
Diagnostic
Au cours des dernières décennies, la recherche de composés bioactifs d’origine naturelle présentant des propriétés antimicrobiennes a connu un essor considérable, principalement en raison des limites croissantes des traitements antibiotiques conventionnels, comme l’explique l’étude réalisée. Les substances d’origine végétale présentent plusieurs avantages par rapport aux antimicrobiens de synthèse, notamment une incidence plus faible d’effets indésirables et une plus grande diversité structurelle. Selon la même source, la propagation mondiale des souches bactériennes multirésistantes constitue désormais l’un des défis les plus importants de la prise en charge contemporaine des maladies infectieuses. Selon le Global Research on Antimicrobial Resistance Project, la résistance bactérienne aux antimicrobiens aurait été associée à environ 4,95 millions de décès dans le monde en 2019. Les projections indiquent que ce bilan pourrait, selon la même source, atteindre 39 millions de décès entre 2025 et 2050 si des mesures correctives décisives ne sont pas mises en œuvre. Cette réalité épidémiologique a incité la communauté scientifique à rechercher des stratégies thérapeutiques alternatives et complémentaires, notamment celles reposant sur les ressources des plantes médicinales, qui constituent un réservoir encore insuffisamment exploré de molécules bioactives présentant de nouvelles structures. Parmi les espèces végétales disposant d’un historique bien documenté en ethnopharmacologie, Rosa damascena Mill. (Rosaceae), communément appelée rose de Damas, apparaît comme une espèce particulièrement prometteuse.
Cet arbuste vivace à feuilles caduques, pouvant atteindre une hauteur de 1 à 2 mètres et vivre jusqu’à cinq décennies, occupe une place importante dans les systèmes de médecine traditionnelle de nombreuses cultures du Moyen-Orient, d’Asie centrale et du bassin méditerranéen. Historiquement, les décoctions de fleurs de R. damascena ont été utilisées dans la médecine traditionnelle iranienne pour soulager les douleurs abdominales et thoraciques, les troubles digestifs, les irrégularités menstruelles et la fièvre. L’eau de rose a également été utilisée comme agent antiseptique et antispasmodique. Les fleurs sont en outre réputées pour leurs propriétés laxatives et diurétiques et ont été utilisées pour soulager la faiblesse générale, certaines affections respiratoires telles que la toux et la grippe, ainsi que les troubles liés aux calculs biliaires. En plus de ces applications ethnobotaniques, l’huile essentielle de rose suscite un intérêt scientifique croissant pour ses propriétés psychoactives et neuromodulatrices. Selon la même source, les recherches pharmacologiques et cliniques ont confirmé que l’huile essentielle de R. damascena exerce des effets anxiolytiques, antidépresseurs et antistress significatifs. Une méta-analyse a notamment mis en évidence une réduction statistiquement significative de l’anxiété et des symptômes dépressifs après son administration.
De nombreuses études phytochimiques ont révélé chez R. damascena un profil riche. Celui-ci comprend notamment des huiles essentielles volatiles, principalement composées de citronellol, de géraniol et d’alcool phényléthylique, ainsi que des flavonoïdes polyphénoliques, des tanins condensés et hydrolysables et divers acides organiques. Cette diversité chimique est à l’origine d’un large éventail d’activités pharmacologiques validées expérimentalement, notamment des propriétés antimicrobiennes, antioxydantes, anti-inflammatoires, analgésiques et neuroprotectrices, démontrées par plusieurs études in vitro et in vivo. Plus particulièrement, il a été démontré que les polyphénols végétaux, tels que les flavonoïdes et les tanins, exercent des effets antibactériens par plusieurs mécanismes complémentaires. Ces mécanismes pourraient contribuer à répondre au défi posé par la résistance aux antibiotiques. Dans le prolongement de cette approche, l’huile essentielle ainsi que différents extraits de pétales de R. damascena ont fait l’objet de nombreuses évaluations concernant leurs propriétés antimicrobiennes. Ces travaux ont mis en évidence une activité à large spectre contre des bactéries à Gram positif, à Gram négatif et des bactéries acido-alcoolo-résistantes.
Des études plus récentes ont également confirmé l’efficacité antibactérienne d’extraits aqueux de R. damascena contre des agents pathogènes d’importance clinique, notamment Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae et différentes espèces de Staphylococcus isolées lors d’infections urinaires. Une étude a notamment procédé à une caractérisation approfondie de la composition chimique et du profil biologique de l’huile essentielle de R. damascena issue de fleurs fraîches. Elle a démontré une activité antibactérienne significative in vitro, avec des concentrations minimales inhibitrices (MIC50) pouvant atteindre 0,250 mg/mL contre Salmonella enterica, ainsi qu’une activité in situ dans des modèles alimentaires à base de fruits et de légumes.
Auteur: Ouchagour Leila
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