Essaouira – Les travaux de la deuxième édition des Etats généraux des Entreprises citoyennes, se sont ouverts vendredi, à Bayt Dakira (Maison de la Mémoire) en cours d’achèvement à Essaouira, avec pour thème central  »Entreprises et entrepreneurs, citoyens engagés pour la prospérité ».

Ce rendez-vous, organisé conjointement par « Thinkers and Doers » et l’Association Essaouira-Mogador, répond à deux objectifs à savoir celui du plaidoyer qui sera présenté en septembre prochain à l’ONU, pour mettre en lumière l’importance du dialogue et la coopération entre les entreprises, la société civile et les institutions publiques afin de renouveler leur partenariat et les actions qui en découlent, et ensuite celui de l’action, avec la mise en œuvre, au sein des entreprises et des organisations, de 5 initiatives concrètes proposées à la communauté des « Thinkers & Doers ».

La séance d’ouverture de cet événement, dont les travaux se poursuivront jusqu’à dimanche dans la cité des Alizés, s’est déroulée en présence notamment du Conseiller de Sa Majesté le Roi et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, M. André Azoulay ainsi que d’un parterre d’acteurs économiques, de chercheurs et d’experts marocains et étrangers.

Dans une allocution de circonstance, Mme Amandine Lepoutre, fondatrice et présidente de « Thinkers and Doers », a dit toute sa joie et sa fierté de retourner à Essaouira, cette cité emblématique pour une seconde édition des  »Etats généraux des Entreprises citoyennes », une occasion, a-t-elle souligné, pour travailler sur le plaidoyer qui sera présenté en septembre prochain à l’ONU et pour définir les actions clés qui vont renforcer l’engagement des entreprises en faveur de la transition écologique et solidaire.

Pour Mme Lepoutre, la seule question qui se pose aujourd’hui face à l’urgence climatique, à la montée des extrémismes, à l’écart insupportable entre les plus riches de la planète et les plus pauvres des populations de chaque pays est celle de l’action, tout en s’interrogeant sur la manière de faire basculer les comportements, à un niveau mondial, massivement et dès maintenant.

 »C’est cette question que nous adresserons pendant les 3 jours des Etats généraux des Entreprises citoyennes à Essaouira, car le sujet n’est pas celui d’une crise climatique ou sociale. A priori la planète s’en sortira. Nous? Pas forcément prédisent les plus pessimistes. Car, il s’agit bien là d’une crise humaine, un phénomène que nous avons provoqué et qui déstabilise les pans de nos sociétés, au point de la menacer dans sa globalité », a-t-elle déploré, estimant, néanmoins, que des solutions existent et que des mesures pourraient être prises rapidement.

 »Dans nos sociétés, où désormais l’économie cause autant de dégâts qu’elle apporte de bien-être et où les Etats se révèlent incapables de régler seuls les enjeux majeurs pour l’Humanité, s’impose un nouveau cadre dans lequel on demande à l’entreprise de jouer un rôle inédit », a-t-elle estimé.

« Nous parlerons à Essaouira car il s’agit bien de se dire, de réaffirmer que ce mouvement des entreprises qui s’engagent pour le Climat, le Progrès Social et l’Egalité n’est pas l’apanage d’un club d’acteurs économiques isolés qui font des paris sur le futur du capitalisme », a-t-elle indiqué, notant que ce discours sur l’engagement des entreprises, s’il devient dominant, correspond à une réalité qui se joue internationalement.

Et de conclure que  »depuis la Cité des Alizés, ce port de commerce qui accueillait les voyageurs du monde et inventait le modèle d’une société prospère qui rayonna bien au-delà des remparts, l’économie s’engage pour l’Humanité ».

Pour sa part, Mme Chidioga Akunyili, Fondatrice de  »She Raors » (Nigéria), a exprimé toute sa joie de se retrouver à Essaouira et plus particulièrement dans cet espace emblématique de « Bayt Dakira », riche d’histoire et haut lieu de mémoire, mettant en avant la pertinence académique et scientifique de la thématique arrêtée cette année pour cette seconde édition des Etats généraux des Entreprises citoyennes à savoir « la prospérité ».

Dans la foulée, elle a insisté sur l’importance de l’établissement d’un dialogue tripartite entre le secteur public, le secteur privé et la société civile pour aborder la question de la prospérité, avant d’insister sur la nécessité d’oeuvrer en synergie, de fédérer les efforts de tous, de faire de la diversité une source de force, de promouvoir une communication édifiante, d’échanger des expériences pour parvenir ensemble à mener des actions collectives et concrètes à même d’aboutir à la prospérité escomptée.

A noter que les travaux de cette première journée se déclineront en séances de travail autour de trois axes prioritaires :  »Le climat », « l’égalité » et « le progrès social ».

Au menu de cette édition figurent également des conférences, des sessions d’inspiration, des débats et des business cases, une séance de restitution, de conclusions et de prises d’engagements, avec la concrétisation de plusieurs initiatives : Un plaidoyer pour la prospérité, un accélérateur, le cercle « Equality for Growth », et la campagne « Activists in Business ».

Les conférenciers seront au rendez-vous aussi avec un riche programme culturel et artistique, avec deux représentations en français et en arabe de la pièce théâtrale  »Lettres à Nour », de l’islamologue, auteur et écrivain Rachid Benzine, outre un programme culturel placé sous la direction artistique du designer international Sam Baron, ainsi que des « Murs pour la Paix » qui seront érigés par des artistes tels qu’eL Seed, Rero ou Tarek Benaoum, en partenariat avec Art Azoï, et continueront d’être dressés à chaque grand événement souiri au cours de l’année.

En outre, « Thinkers & Doers » s’engage auprès du  »Refugee Food Festival » en accueillant le chef syrien Khalouk Hammash, réfugié au Maroc, pour des collaborations inédites et des repas maroco-syriens d’exception, en lien avec les chefs cuisiniers opérant à Essaouira.

« Thinkers & Doers », rappelle-t-on, est un think and do tank qui rassemble et met en contact les leaders, les entrepreneurs, les décideurs, les dirigeants engagés, ceux qui innovent et créent des solutions pour répondre aux enjeux d’un monde en pleine mutation. Il est présent en Europe, dans le monde arabe et en Afrique.

Auteur: Meriem IGASS
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