J’ai longuement hésité entre la tentation de parler de lingots revendus au marché noir et la dernière fatwa de notre ministère des Affaires religieuses. Ce département, qui prend son rôle très au sérieux, s’implique de mieux en mieux dans les affaires publiques et veille à ce que l’on ne s’écarte pas trop des recommandations qu’il distribue, en veux-tu en voilà, même quand il sait que l’on n’en fera pas grand-chose. J’ai vécu ma frustration de façon absolument identique à celle dont a parlé mon collègue et ami Hakim Laâlam, parti en congé à la même période. C’est au moment où, moi aussi, je décidai de lever le pied, juste quelques jours, sur, entre autres, les affaires de corruption, que l’ex-Premier ministre Ouyahia en profitait pour se lâcher à propos de complicités lucratives avec les émirs du Golfe. Laisser chasser sous la protection de l’Etat algérien et empocher en contrepartie des lingots d’or échangés au marché noir à des sommes faramineuses.
Des kilos d’or aussitôt convertis en devises sonnantes et trébuchantes avant, autre certitude, d’être transférées vers des comptes étrangers dont nul ne sait à quelle allure ils étaient alimentés. Le dire en ces termes et se demander si l’on ne délire pas ! C’est tellement stupéfiant et osé que j’ai eu une furieuse envie, heureusement vite contenue, de suspendre mon congé pour renouer avec mon clavier. J’avais pourtant fait en sorte de couper avec l’actualité, mais c’est tellement compliqué d’y parvenir avec ces affaires qui éclaboussent l’administration ! Aussi invraisemblables les unes que les autres ! Vous courrez, alors, vous renseigner, histoire d’en apprendre un peu plus. Pas sur le sort fait aux gazelles, faucons et outardes d’Algérie par les richissimes chasseurs d’Arabie. Les Algériens savent depuis des décennies comment leur faune, menacée d’extinction, est livrée à la sauvagerie de monarques prédateurs.
Ceci étant écarté de l’intérêt suscité par les confessions inattendues d’un Ouyahia connu pour ne jamais s’engager dans une voie sans réfléchir aux conséquences qu’elle induit, nous avons été nombreux à nous demander ce qui avait motivé des révélations aussi fracassantes.
M. B.
Auteur:
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.