
Si l’ampleur du déficit pluviométrique et la raréfaction des ressources en eau se font sentir de plus en plus au niveau de la région Marrakech-Safi, une zone où, l’agriculture et l’élevage constituent les piliers majeurs de l’économie locale, des efforts inlassables sont déployés par l’ensemble des parties concernées, afin d’atténuer l’impact de ce fléau et d’apporter des solutions appropriées, à même de permettre d’atténuer les souffrances des agriculteurs et par là, leur permettre d’envisager l’avenir avec sérénité et optimisme.
« Ce programme exceptionnel témoigne de la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de l’intérêt tout particulier que le Souverain ne cesse d’accorder au monde rural », a déclaré à M24, la chaine télévisée de l’information en continu, M. Abdelaziz Bousraref, Directeur Régional de l’Agriculture à Marrakech- Safi (DRA-MS).
« Pour concrétiser ce chantier, la Direction Régionale de l’Agriculture (DRA) Marrakech-Safi et les différents services déconcentrés du ministère de l’Agriculture au niveau régional, en parfaite concertation avec les autorités locales, ainsi que les professionnels de la Chambre d’Agriculture et les élus, oeuvrent d’arrache-pied et dans une synergie inouïe, afin de décliner ce programme et veiller à son opérationnalisation dans les meilleures conditions, et selon un système infaillible de gouvernance et de suivi pour aboutir aux résultats escomptés », a-t-il poursuivi.
Pour se faire, les multiples intervenants sont à pied d’oeuvre à travers la multiplication des réunions de travail au niveau des différentes provinces de la région Marrakech-Safi, la mobilisation des moyens humains et logistiques nécessaires, la mise en place de commissions mixtes spécialisées, outre l’organisation de visites pour s’enquérir au mieux de la situation sur le terrain.
L’objectif est de parvenir à atténuer l’impact des conditions climatiques sur les agriculteurs de la région mais également, de les aider à dépasser ces difficultés et donc de mieux se préparer à d’éventuelles cultures de printemps et à la prochaine campagne agricole.
Et de préciser que « ce programme exceptionnel est articulé autour de trois principaux axes, dont le premier concerne l’appui direct aux éleveurs et agriculteurs, le deuxième se rapporte à l’assurance multirisque climatique, alors que le troisième axe porte sur le soutien financier des agriculteurs ».
S’agissant du premier axe, il concerne essentiellement la sauvegarde du patrimoine animal, à travers des opérations directes, notamment la distribution de l’orge subventionné aux éleveurs, a relevé M. Bousraref.
« Notre région a eu comme première tranche 500.000 Qtx et il y aurait d’autres tranches selon l’évolution de la situation. Il s’agit d’une opération qui se déroulera selon une procédure bien définie dans le cadre de commissions régionales et provinciales et dans des centres de relais très proches des agriculteurs », a-t-il expliqué.
De même, il sera procédé à la distribution de l’aliment composé subventionné, au profit des éleveurs de bovins laitiers afin de les aider à dépasser cette difficulté de manque de ressources fourragères pour produire des quantités suffisantes de lait, surtout que le mois sacré du Ramadan s’approche, a poursuivi ce responsable, notant que l’effort portera aussi sur le creusement et l’équipement des points d’eau au niveau de toute la région, dans l’optique de venir en aide aux agriculteurs surtout, au niveau des zones qui enregistrent une rareté d’eau. L’objectif étant d’assurer un abreuvement régulier du cheptel.
« Comme autre opération directe, il s’agit de l’aménagement de la petite et moyenne hydraulique, dont l’objectif essentiel est la création de l’emploi au niveau du monde rural, outre le revêtement des saguias traditionnelles pour aider à une meilleure économie et rationalisation de l’eau au niveau de la petite et moyenne hydraulique », a fait savoir M. Bousraref.
Une autre action en matière de préservation du capital végétal concernera l’irrigation des plantations arboricoles réalisées dans le cadre des projets de l’agriculture solidaire, celles qui sont situées au niveau des zones Bour âgées entre 2 et 5 ans, afin d’assurer leur pérennisation.
L’autre axe concerne l’AMRC (Assurance Multirisques Climatiques) et au niveau de notre région, près de 398.000 ha sont concernés par cette assurance, a-t-il fait savoir, notant que les commissions locales mixtes qui groupent les experts de la MAMDA et les services déconcentrés du ministère de l’Agriculture ont déjà démarré depuis le 21 février, les travaux d’expertise sur le terrain pour activer et accélérer l’indemnisation des agriculteurs, afin de les aider à avoir des ressources financières pour la suite de la campagne agricole, a relevé M. Bousraref.
Il n’a pas manqué également de préciser que le troisième axe concerne, quant à lui, l’allégement de la charge financière sur les agriculteurs, notant que le groupe Crédit Agricole du Maroc procédera au rééchelonnement des créances des agriculteurs, tout en proposant des produits nouveaux concernant les cultures du printemps, l’arboriculture et le cheptel.
Interrogé, par ailleurs, sur les mesures à adopter pour assurer une véritable déclinaison régionale des dispositions de ce programme exceptionnel, M. Bousraref a souligné que les travaux ont déjà démarré, à travers une Commission régionale et provinciale, et la mise en place d’un procédé de gouvernance et de suivi rigoureux.
La finalité, a-t-il expliqué, est que cette opération puisse se dérouler dans de bonnes conditions, de manière à atteindre les vrais bénéficiaires, éleveurs et agriculteurs. « Toutes les dispositions sont prises pour que cette opération se passe dans les meilleures conditions, en étroite concertation avec les autorités régionales, provinciales et locales et également les professionnels de la Chambre d’Agriculture », a-t-il dit.
Au sujet des solutions alternatives déjà en cours pour atténuer l’impact des effets climatiques au niveau régional, M. Bousraref a tenu à rappeler que la région Marrakech-Safi est une zone à vocation agricole par excellence, avec un potentiel important en termes de production agricole, et une superficie agricole utile (SAU) de 2 millions ha.
La région Marrakech-Safi compte 250.000 ha irrigués, dont 150.000 en grande hydraulique, outre l’adoption auparavant, d’une kyrielle de mesures dans le cadre du Plan Maroc Vert, à la faveur d’une meilleure adaptation aux changements climatiques, a poursuivi M. Bousraref, rappelant que parmi ces mesures phares du Plan Maroc Vert, qui sont poursuivies dans le cadre du programme « Génération Green » figurent l’économie de l’eau à tous les niveaux.
« Nous avons un programme ambitieux qui a été réalisé et qui se poursuit dans le cadre de Génération Green, celui de reconversion des systèmes d’irrigation traditionnels au système de goutte à goutte. Nous sommes à 120.000 ha de superficie convertis en goutte à goutte, ce qui permettra une économie importante d’eau allant de 30% à 35%, par rapport aux systèmes d’irrigation conventionnels », s’est-il félicité.
Et M. Bousraref de poursuivre qu’au niveau régional, il y a également l’orientation des cultures au niveau des zones Bour vers des cultures adaptées à la sécheresse comme l’olivier, l’amandier, le caroubier, le cactus …etc. « Nous travaillons sur les deux, au niveau des zones Bour en termes du choix des cultures adaptées aux conditions climatiques de la région et au niveau des zones irriguées en termes d’économie d’eau, à travers le système du goutte à goutte mais aussi, grâce à la maintenance et à la réhabilitation des réseaux d’irrigation de la grande hydraulique pour minimiser les pertes au maximum », a-t-il expliqué.
En guise de conclusion, M. Bousraref a fait part de sa joie et sa fierté de voir que les agriculteurs de la région Marrakech-Safi sont très satisfaits de ce programme qui arrive à temps pour les aider à transcender ces difficultés.
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Auteur: Meriem IGASS
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