Q1 : Sur Hautes Instructions Royales, le gouvernement a annoncé la mise en œuvre d’un programme d’urgence pour venir en aide au secteur agricole, comment vous avez accueilli cette décision ?

Le programme exceptionnel élaboré par le gouvernement suite aux Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI est une initiative Royale salvatrice pour atténuer l’impact du déficit pluviométrique sur le monde rurale. Il s’agit d’une initiative qui a été accueilli avec satisfaction par les agriculteurs, les professionnels et tous les services opérant dans ce secteur, dans l’objectif de mettre à exécution ce programme dans les plus bref délais.

Ce programme exceptionnel témoigne de la Haute Sollicitude de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et de l’intérêt tout particulier que le Souverain ne cesse d’accorder au monde rural.

L’objectif est de parvenir à atténuer l’impact des conditions climatiques sur les agriculteurs de la région, mais également de les aider à dépasser ces difficultés et donc de mieux se préparer à d’éventuelles cultures de printemps et à la prochaine campagne agricole.

Q2 : Quelles sont les mesures adoptées pour une meilleure déclinaison régionale des dispositions de ce programme ambitieux ?

Pour concrétiser ce chantier, la Direction Régionale de l’Agriculture (DRA) Marrakech-Safi et les différents services déconcentrés du ministère de l’Agriculture au niveau régional, en parfaite concertation avec les autorités locales, ainsi que les professionnels de la Chambre d’Agriculture et les élus, oeuvrent d’arrache-pied et dans une synergie inouïe, afin de décliner ce programme et veiller à son opérationnalisation dans les meilleures conditions et selon un système infaillible de gouvernance et de suivi pour aboutir aux résultats escomptés.

Pour se faire, les multiples intervenants sont à pied d’oeuvre à travers la multiplication des réunions de travail au niveau des différentes provinces de la région Marrakech-Safi, la mobilisation des moyens humains et logistiques nécessaires, la mise en place de commissions mixtes spécialisées, outre l’organisation de visites pour s’enquérir au mieux de la situation sur le terrain.

Les travaux ont déjà démarré, à travers une Commission Régionale et Provinciale, et la mise en place d’un procédé de gouvernance et de suivi rigoureux.

La finalité est que cette opération puisse se dérouler dans de bonnes conditions, de manière à atteindre les vrais bénéficiaires, éleveurs et agriculteurs.

Toutes les dispositions sont prises pour que cette opération se passe dans les meilleures conditions en étroite concertation avec les autorités régionales, provinciales et locales et également les professionnels de la chambre d’agriculture.

Q3- Quels sont les principaux axes de ce programme ?

Ce programme exceptionnel est articulé autour de trois principaux axes, dont le premier concerne l’appui direct aux éleveurs et agriculteurs, le deuxième se rapporte à l’assurance multirisque climatique, alors que le troisième axe porte sur le soutien financier des agriculteurs.

S’agissant du premier axe, il concerne essentiellement la sauvegarde du patrimoine animal, à travers des opérations directes, notamment la distribution de l’orge subventionné aux éleveurs.

La région Marrakech-Safi a eu comme première tranche 500.000 Qtx et il y aurait d’autres tranches selon l’évolution de la situation. Il s’agit d’une opération qui se déroulera selon une procédure bien définie dans le cadre de commissions régionales et provinciales et dans des centres de relais très proches des agriculteurs.

De même, il sera procédé à la distribution de l’aliment composé subventionné, au profit des éleveurs de bovins laitiers, afin de les aider à dépasser cette difficulté de manque de ressources fourragères pour produire des quantités suffisantes de lait, surtout que le mois sacré du Ramadan s’approche.

L’effort portera aussi sur le creusement et l’équipement des points d’eau au niveau de toute la région, dans l’optique de venir en aide aux agriculteurs surtout, au niveau des zones qui enregistrent une rareté d’eau. L’objectif étant d’assurer un abreuvement régulier du cheptel.

Comme autre opération directe, il s’agit de l’aménagement de la petite et moyenne hydraulique, dont l’objectif essentiel est la création de l’emploi au niveau du monde rural, outre le revêtement des saguias traditionnelles pour aider à une meilleure économie et rationalisation de l’eau au niveau de la petite et moyenne hydraulique.

Une autre action en matière de préservation du capital végétal concernera l’irrigation des plantations arboricoles réalisées dans le cadre des projets de l’agriculture solidaire, celles qui sont situées au niveau des zones Bour âgées entre 2 et 5 ans, afin d’assurer leur pérennisation.

L’autre axe concerne l’AMRC (Assurance Multirisques Climatiques) et au niveau de notre région, près de 398.000 ha sont concernés par cette assurance.

Les commission locales mixtes qui groupent les experts de la MAMDA et les services déconcentrés du ministère de l’Agriculture ont déjà démarré depuis le 21 février, les travaux d’expertise sur le terrain pour activer et accélérer l’indemnisation des agriculteurs, afin de les aider à avoir des ressources financières pour la suite de la campagne agricole.

Le troisième axe concerne, quant à lui, l’allégement de la charge financière sur les agriculteurs, notant que le groupe Crédit Agricole du Maroc procédera au rééchelonnement des créances des agriculteurs, tout en proposant des produits nouveaux concernant les cultures du printemps, l’arboriculture et aussi le cheptel.

Q4- La région Marrakech- Safi est une zone à vocation agricole, pourtant elle demeure exposée au déficit pluviométrique, quelles sont les solutions alternatives déjà en cours ?

La région Marrakech-Safi est une zone à vocation agricole par excellence, avec un potentiel important en termes de production agricole, et une superficie agricole utile (SAU) de 2 millions ha.

La région compte 250.000 ha irrigués, dont 150.000 en grande hydraulique, outre l’adoption auparavant, d’une kyrielle de mesures dans le cadre du Plan Maroc Vert, à la faveur d’une meilleure adaptation aux changements climatiques.

Parmi ces mesures phares du Plan Maroc Vert, qui sont poursuivies dans le cadre du programme « Génération Green » figurent l’économie de l’eau à tous les niveaux.

Nous avons un programme ambitieux qui a été réalisé et qui se poursuit dans le cadre de « Génération Green », celui de reconversion des systèmes d’irrigation traditionnels au système de goutte à goutte.

Nous sommes à 120.000 ha de superficie convertis en goutte à goutte, ce qui permettra une économie importante d’eau allant de 30% à 35%, par rapport aux systèmes d’irrigation conventionnels.

Au niveau régional, il y a également l’orientation des cultures au niveau des zones Bour vers des cultures adaptées à la sécheresse comme l’olivier, l’amandier, le caroubier, le cactus …etc.

Nous travaillons sur les deux, au niveau des zones Bour en termes du choix des cultures adaptées aux conditions climatiques de la région et au niveau des zones irriguées en termes d’économie d’eau, à travers le système du goutte à goutte mais aussi, grâce à la maintenance et à la réhabilitation des réseaux d’irrigation de la grande hydraulique pour minimiser les pertes au maximum.

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Auteur: Meriem IGASS
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