Quand les uns racontent l’avenir vers lequel ils ont envie d’aller, ceux qui portent le système et n’ont aucun mal à s’en revendiquer cultivent le doute, sèment la confusion et s’épuisent à vouloir convaincre qu’il y a danger à bouleverser ce qui relève de l’évidence. Tous les moyens sont bons pour faire entendre raison à ceux qui n’accordent aucun crédit aux revendications de la rue et à ses réalités, dont celle qui consiste à sillonner l’Algérie, à marcher d’un bout à l’autre du pays. 
Les initiatives ne manquent pas et, ce qui rassure à leur propos, c’est qu’elles n’ont rien de capricieuses. On en parle, certes, beaucoup. Mais cela ne m’empêchera pas pour autant de faire pareil. Seuls ceux qui usent injustement de leur autorité ont le front de nier l’évidence des bouleversements qui s’annoncent. 
En tout état de cause, ce n’est pas en bridant la contestation que l’on empêchera les changements audacieux  qu’elle instruit. Ceux qui persistent à croire qu’il s’agit là d’un autre débat s’enferment dans un déni exaspérant. Comment expliquer l’inutile résistance qui leur tient de mécanisme de défense ? Les convaincre de la nécessité de lâcher prise ? De ne pas faire de confusion entre le mépris avec lequel sont traités les Algériens et la volonté de perpétuer l’impératif dressage de ces derniers en matant une colère qui va grandissant ? Un lecteur m’a recommandé, il y a quelques jours, de ne pas m’écarter de «mon domaine de prédilection» ! Comme je ne sais plus comment définir, aujourd’hui, ledit domaine de prédilection, je me suis un peu énervée et lui ai répondu d’une façon pas très sympathique. Presque aussitôt, j’ai tenté de corriger le tir. Trop tard, le coup était parti ! 
Le billet qui avait fait réagir portait sur ces hommes qui, au sein de leur couple, subissent la violence conjugale sans oser en parler. Peut-être le lecteur en question estimait-il que le moment n’était pas le mieux indiqué pour en parler parce qu’il y a plus urgent ?  Il y a toujours eu plus urgent en Algérie ! Comme c’est d’ailleurs le cas dans toute société où les priorités sont légion et où celui qui patiente sans faire de vagues n’est pas forcément payé en retour. 
M. B.

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