L’arène politique est de nouveau ouverte. Le président de la République du Cameroun vient de le décider. Les prochaines élections auront lieu en début d’année prochaine. Paul Biya a en effet signé, dimanche 10 novembre, un décret fixant la date des élections législatives et municipales. « Le corps électoral est convoqué le dimanche 9 février 2020 à l’effet de procéder à l’élection des députés à l’Assemblée nationale et des conseillers municipaux », indique le décret présidentiel. Le texte précise que le scrutin sera ouvert sur l’ensemble du territoire national à 8 heures et clos à 18 heures.
Sur la base du Code électoral, les acteurs politiques peuvent d’ores et déjà établir le chronogramme des trois mois à venir. Ainsi, les déclarations des candidatures doivent être déposées au plus tard le 25 novembre 2019 à minuit auprès d’Elections Cameroon (ELECAM), l’organe chargé des opérations d’élections dans le pays. Cette institution se chargera de publier les listes des candidats, par circonscriptions électorales le 10 décembre. Les acteurs politiques auront 48 heures pour contester ou faire des réclamations relatives au rejet ou à l’acceptation des candidatures avant la décision finale du Conseil constitutionnel prévue le 22 décembre.
L’ouverture de la campagne électorale se fera deux semaines avant le scrutin, le 25 janvier 2020. Et une fois les opérations de vote achevées, il faudra attendre de liquider de potentiels contentieux électoraux. Les requêtes en annulation des opérations électorales, par tout candidat ou parti politique ayant pris part à l’élection, devront être présentées au plus tard le 12 février, tandis que le décompte général des votes pour les législatives se fera du 13 au 17 février, comme le prévoit l’article 69 du Code électoral. Les résultats définitifs devraient donc être rendus publics au plus tard le 29 février 2020, toujours d’après les dispositions de la loi électorale camerounaise.
Initialement prévues en 2018, les élections législatives et municipales ont été reportées à deux reprises par le président Biya. Très attendues, elles arrivent dans un contexte camerounais fortement marqué par la crise dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Le doute persiste en effet dans ces régions où la situation sécuritaire pose toujours des problèmes. Lors de l’élection présidentielle de 2018, entre 5 et 15% seulement des électeurs y avaient voté. Des recommandations avaient été faites lors du Grand Dialogue National pour mettre fin à cette crise. La dernière session la législature en cours est une occasion pour les mettre en application.
L’autre enjeu est que ces législatives et municipales constituent un véritable test pour les formations politiques. La récente présidentielle laisse croire à une nouvelle configuration politique, notamment au sein de l’Assemblée nationale. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) devra confirmer la position de « premier parti de l’opposition » que ses militants réclament depuis l’élection d’octobre 2018. Le Social Democratic Front (SDF), dont le nombre d’élus locaux s’effritent au fil du temps, devra redresser la barre, après le revers de cette élection. L’on devrait également s’attendre à des changements avec le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), dont le président Cabral Libii, est arrivé troisième à l’élection présidentielle.
Auteur: EcoMatin
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.