Le ton est suffisamment menaçant pour faire comprendre le courroux des membres de l’Association des chefs traditionnels des villages Sawa du Wouri. A travers un communiqué signé le 1er mars, par Sa Majesté Essombey Ndambwe, chef traditionnel de Sodiko, cette instance s’insurge en effet contre des propos tenus au cours d’une rencontre privée, et qui stigmatisaient les peuples que ces chefs représentent, notamment les Bassa, les Bakoko et les Douala du Wouri.
Depuis quelques jours en effet, une vidéo circule sur les réseaux sociaux montrant un individu qui, ayant visiblement pris la parole dans une assemblée, prononce des propos qui pourraient laisser penser à une stigmatisation tribale.
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Les chefs Sawa, dans leur communiqué ont retenu certains de ces propos : « je sais qu’il est temps que nous autres, on s’approprie ce que Dieu nouas a donnés », « nos parents sont partis de l’Ouest pour faire de Douala ce qu’il est aujourd’hui. On a fait de Douala 5 ce que Douala 5 est aujourd’hui », ou encore « nous devons montrer au chef de l’Etat que c’est nous qui avons fait Douala ». Assurément, ces mots leur font penser que le concerné a des projections hégémoniques sur le peuple Sawa. « Ces propos (…) font transparaitre au mieux le mépris des participants à cette réunion envers les peuples Bakoko, Bassa et Douala, uniques autochtones de Douala ; et au pire un plan hégémonique programmé (…) de ces frères et sœurs de l’Ouest ».
Les chefs traditionnels Sawa du Wouri entend mettre en place une batterie d’actions pour prévenir et combattre ce qu’elle pense être une hégémonie. Ils demandent à l’auteur de ces propos de les retirer et de « présenter ses excuses au peuple Sawa du Wouri, seul autochtones du terroir ». Ils entendent également rencontrer les responsables du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir et dont l’auteur des propos controversés serait membre. D’autres actions sont envisagées, y compris la possibilité de saisir le chef de l’Etat, Paul Biya.
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Auteur: Manuela Nomegne
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