Profession livreur
Dossier réalisé par Mahmoud Nafaa (Journaliste stagiaire)
Lors de nos pérégrinations casablancaises, devant nous, défilent plusieurs motos avec des sacs isothermes de livraison dans lesquelsse trouvent inscrits des logos d’entreprises-plateformes de livraison, Jumia, Glovo, Kaalix et autres sociétés. Les livreurs, munis de casques aux couleurs des logos de ces sociétés roulent à vive allure. Souvent pressés, ils livrent les commandes à des clients souvent impatients. L’équipe d’Al Bayane est allée à leur rencontre en quête d’informations sur leur journée de travail. Nous trouvons enfin le premier livreur qui a accepté de témoigner, il s’appelle Kamal et travaille chez Glovo, il était en train d’attendre la préparation d’une commande, d’un menu de Tacos qu’il doit livrer à un client, et il s’ouvre à nous quand nous lui avons posé une question sur les conditions de travail : « moi, je suis un auto-entrepreneur. Donc en réalité, je travaille avec eux, mais ils ne sont responsables en rien que ce soit vis-à-vis de moi. A un moment, je me suis fracturé le genou, et ils ne m’ont pas aidé, même pas par un dirham, et même mon compte de livreur dans l’application de ma société a été bloqué, et je n’ai pu le récupérer qu’en suppliant, et j’ai eu recours à quelqu’un dans l’administration pour qu’il me facilite la récupération de mon compte».
Mis à part Kamal, nous avons sollicité d’autres livreurs, mais certains refusent tout simplement de témoigner : « nous sommes un secteur non légalisé, je ne peux rien vous dire, excusez-moi, je ne veux pas d’ennuis ». D’ailleurs, plusieurs autres livreurs n’ont pas voulu nous parler, un autre nous a dit : « je dois parler à la direction avant de vous parler ». Bref, on sent que les livreurs ont peur de parler et d’exprimer ce qu’ils ressentent, par crainte d’être licenciés ou mal vus par leurs employeurs. D’ailleurs, la plupart des livreurs-témoins ont souhaité rester anonymes, et les noms qu’on fournit dans ce reportage sont évidemment fictifs, suite à la demande de certains interviewés qui n’ont pas désiré dévoiler leurs identités.
Des conditions de travail dures, ils subissent souvent des vols et des agressions. Certains d’eux ont été victimes de vols de leurs motos, se sont blessés pendant leurs courses de livraison, et plein d’autres cas que nous allons partager avec nos lecteurs dans ce reportage approfondi. Nous continuons donc de partager l’expérience de Kamal, Glover, qui nous confie, « soit on travaille, on fait augmenter notre note et on se fait payer, soit on se fait éliminer, ou on trouve notre compte bloqué ».Ou encore Fouad, qui livre pour Kaalix, et qui affirme, « les conditions de travail dans notre job sont surtout bénéfiques à la société, plus qu’aux livreurs. Nous travaillons du matin au soir, livrant 6 à 7 commandes, mais ça ne permet même pas à couvrir les dépenses d’essence ».
L’article Des conditions de travail pénibles est apparu en premier sur ALBAYANE.
Auteur: M’hammed rahal
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.