Les Algériens entament l’année 2020, le ventre noué. Ils savent, comme le prédisent de nombreux experts en économie, que les effets de la crise dans laquelle patauge le pays depuis plus d’un quinquennat vont être ressentis plus que les années précédentes.

Avec une sévère dépendance des exportations en hydrocarbures, dont les réserves sont toujours en déclin, il est légitime de craindre de longs mois difficiles pour la majorité des Algériens qui souffrent déjà de l’impact de cette crise sur leur pouvoir d’achat, qui a pris un sérieux coup. Au vu de l’évolution des indicateurs économiques qui restent au rouge, les Algériens seront appelés à serrer davantage la ceinture, avec tout ce que cela pourrait générer comme tensions et misère.

Sans stratégie ni véritable modèle économique, le pays, esseulé par une rente pétrolière abondante durant plus d’une décennie, perd le cap et continue de naviguer à vue dans un monde libéral impitoyable.

Les défis à relever sont herculéens en raison des risques conjoncturels et politiques et surtout du désastre causé par deux décennies de non- gouvernance, de gabegie et de passe-droits qui ont fini d’achever le fragile tissu économique existant. Inflation galopante, croissance en panne, marché pétrolier en difficulté, chômage en hausse, investissements en net recul, réserves de change en baisse, déficit budgétaire insoutenable qui est jusque-là comblé par la planche à billets, balance commerciale en total déséquilibre, outil de production à l’arrêt, climat des affaires vicié…

Bref, tous les voyants de l’économie nationale sont au rouge. Faire redémarrer cette machine grippée, une mission à laquelle doivent s’atteler dès le début de cette année les nouveaux dirigeants du pays, n’est pas une mince affaire. Le plus difficile est de redonner confiance aux investisseurs potentiels et d’améliorer le climat des affaires en mettant un terme à la bureaucratie et aux passe-droits.

Aux besoins multiples de plus en plus importants, l’Algérie ne peut plus compter sur les seules recettes pétrolières et gazières qui subissent «l’humeur» du marché boursier international. Pour sortir de cette crise économique endémique, le pays doit aller sérieusement vers une réelle diversification de son économie en renforçant son outil de production et en exploitant toutes ses ressources et ses potentialités.

Pour ce faire, il y a une impérieuse nécessité de procéder à des réformes structurelles, de donner une grande visibilité aux différents secteurs d’activité, mais aussi de garantir une stabilité juridique. Autres défis du nouveau Président et du gouvernement qu’il nommera dans les prochains jours, c’est de travailler à rendre meilleure l’attractivité économique du pays.

Dans son plan d’actions esquissé lors de son discours d’investiture, le président Abdelmadjid Tebboune a donné ses priorités économiques, à savoir réduire la dépendance du pays des hydrocarbures et des importations, garantir la sécurité alimentaire, développer l’industrie et le tourisme et encourager l’investissement privé et public. L’attente est grande. Les espérances des Algériens aussi.

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Auteur: Hicham Chouadria
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