
Des députés des partis dits du pouvoir, FLN et RND notamment, ont exprimé, mardi, à l’occasion du débat relatif au Projet de loi de finances (PLF) 2021, des critiques acerbes envers l’action du gouvernement. S’agit-il d’un éveil tardif, question de se donner un peu de crédibilité afin de tenter de faire taire les critiques, ou les futures échéances qui sont dans les esprits des membres de l’APN, sachant que le président de la République s’était engagé à organiser des élections locales et législatives anticipées ?
Plusieurs députés sont intervenus, mardi, lors du débat relatif au Projet de loi de finances (PLF) 2021. S’il est tout à fait logique que les partis islamistes, qui ont appelé à voter «non» à la nouvelle Constitution, un référendum marqué, faut-il le rappeler, par un fort taux de désaffection (23,7% de participation), principalement le MSP de Abderrazak Makri et le FJD de Abdallah Djaballah, des députés des partis dits du pouvoir ont créé la surprise en exprimant des avis assez critiques envers l’action du gouvernement, allant même dans certains cas jusqu’à suggérer un remaniement pour défaut d’efficacité de l’actuel Exécutif, du moins de certains ministres.
A titre d’exemple, le député du RND Hakim Berri a estimé, comme rapporté par notre confrère El Khabar, que «le gouvernement Djerad est le plus faible».
Celui-ci est même allé jusqu’à affirmer qu’«il y a un gouvernement de l’ombre». «On est sorti de l’histoire du frère du Président pour arriver à celle de l’ami conseiller», dira-t-il, avant d’exprimer la nécessité de «faire une lecture du taux de participation au référendum sur la Constitution». Salah Dekhili, lui, de la même formation politique, a fait noter qu’«il n’y a pas eu de réponses par rapport au déficit de la balance commerciale».
Des députés du FLN ont également exprimé d’acerbes critiques à l’encontre des membres du gouvernement. C’est le cas de Lyes Saadi, qui s’en est pris aux ministres des Ressources en eau et de l’Industrie.
La députée de ce même parti pour la wilaya de Jijel, Faiza Bouhama, a quant à elle mis en relief les insuffisances du secteur de la santé et, par conséquent, de la prise en charge des malades contaminés par le coronavirus dans sa circonscription administrative.
Qu’est-ce qui a fait que les députés de ces deux partis politiques, qui généralement ne s’expriment que pour soutenir les actions de l’Exécutif, si ce n’est pour des questions dérisoires, se mettent soudainement à critiquer des ministres ?
Il faut dire que ces deux formations politiques ont eu à adopter, par le passé, pareille attitude, et c’était souvent à la veille d’échéances électorales. Bien évidemment, tout en faisant en sorte que finalement les textes proposés soient votés.
Dans cet ordre, il se pourrait que c’est la perspective d’une élection législative anticipée, le chef de l’Etat s’étant engagé à dissoudre l’APN après le référendum sur la Constitution, qui fait courir plus d’un.
En d’autres termes, il s’agirait pour eux de profiter de la tribune offerte pour faire campagne. Parce que ce sont les mêmes députés, ayant avalisé sans émettre la moindre critique le projet de révision constitutionnel, la loi sur les hydrocarbures ou la loi de finances 2020, entre autres, qui sont toujours là.
Beaucoup d’Algériens n’ont cessé de réclamer la dissolution de cette APN discréditée, notamment, après les révélations faites, début septembre, à l’occasion du procès du député Baha Eddine Tliba relatives à l’achat des postes de candidature, au sein du FLN, lors des législatives de 2017.
Les députés en poste sont-ils certains que les élections législatives se tiendront dans les quelques mois à venir ? Probablement, si la présidence de la République maintient sa feuille de route…
Post Views: 1 340
Advertisements
Auteur: Anis Khecheba
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.
