L’envoi de forces militaires issues de pays de l’Union africaine (UA) en Libye «garantira le respect du cessez-le-feu en vigueur» par les protagonistes de la crise, a estimé hier l’universitaire Amine Mesbah, dans une déclaration à l’APS.
«L’envoi de forces militaires de l’UA est susceptible de garantir le respect du cessez-le feu en vigueur en Libye, et préserver par la même les vies des civils, ainsi que le maintien du fonctionnement des institutions du pays», a précisé M. Mesbah, insistant sur le fait que le déploiement de telles forces «doit être fait sous l’égide des Nations unies (ONU)».
Pour lui, en l’absence de dispositif de supervision sur place, «le cessez-le feu en vigueur demeure fragile et sujet à de violations… ». À ce propos, plusieurs actes de violation du cessez-le feu en vigueur ont été commis, samedi, par les parties en conflit en Libye, affirme-t-on.
Selon le chef de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul), Ghassan Salamé, ces violations «risquent de replonger le pays dans une nouvelle spirale de combats intenses», dans un communiqué rendu public dimanche. M. Salamé a déploré, dans ce contexte, le non-respect par certains pays de l’embargo sur la vente et de l’envoi d’armes aux parties en conflit en Libye. Par ailleurs, M. Mesbah, soutient que certains pays africains pourront faire plus et mieux s’agissant de la résolution de la crise libyenne. «C’est le cas, notamment de l’Algérie, qui peut contribuer à la formation des services d’ordre afin de bien veiller sur la sécurité des personnes et des biens», a-t-il dit. Pour l’universitaire, l’Algérie est également «consciente du rôle important» qu’il lui échoit dans la recherche d’une issue à la crise libyenne.
De son côté, le professeur en Droit et Relations internationales, Fayçal Mokadem, affirme que l’implication de l’Union africaine (UA), après une longue absence, dans le processus de règlement de la crise libyenne, à travers une réunion prévue en février prochain, intervient dans le cadre de la valorisation du rôle central assumé dernièrement par l’Algérie. Le ballet diplomatique, ayant marqué l’Algérie après l’élection du Président Tebboune, a insufflé «une dynamique à la diplomatie algérienne pour rechercher une solution et assumer le rôle de médiateur, rôle qu’elle a déjà assumé dans le règlement de la crise au Mali», a indiqué le professeur à l’université de Tizi Ouzou à l’APS. «L’Algérie, qui s’est tenue à équidistance des différentes parties libyennes et qui ne s’est pas impliquée dans le conflit, a gagné la confiance des Libyens et de la communauté internationale», a-t-il estimé. Pour M. Mokadem, l’Algérie constitue désormais «une diplomatie gagnante en vue du règlement de la crise et un pays pivot incitant les parties libyennes à choisir la solution politique». Quant au sommet africain qui sera organisé par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, en février à Addis-Abeba, il a souligné que «ce sommet est important en vue d’éviter davantage de dérapages sécuritaires en Libye, ainsi que leurs retombées sur la région».
La réunion, prévue à la veille de la tenue du sommet de l’UA (8 et 9 février), constituera «une occasion pour réitérer le refus des pays de l’UA de toute ingérence étrangère dans la crise libyenne», et ce conformément à l’article commun du préambule de la charte de l’UA, a-t-il précisé.
Selon l’ universitaire, la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA se focalisera sur la réalisation de deux principaux objectifs, à savoir : «user de l’influence de l’UA pour le maintien du cessez-le-feu et de la trêve en Libye», en tant que principe fondamental, pour pouvoir ensuite engager le processus politique supervisé par l’ONU». Par ailleurs, le Conseil pourrait examiner, à cette rencontre, la possibilité «de l’envoi et du déploiement de forces africaines en Libye pour le maintien de la paix et de la sécurité dans la région», a expliqué M. Mokadem, ajoutant que «le cessez-le-feu en Libye, en dépit de sa fragilité, a toutefois contribué au recul de la violence, même si certaines milices armées poursuivent leurs opérations militaires pour des objectifs stratégiques».
Auteur: elmoudjahid
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