Quand ils ont du temps pour eux et un peu à nous consacrer, sans que ce soit pour une consultation, ce qu’ils nous apprennent est plus inquiétant que rassurant. Au cours de nos échanges, j’attends la bonne nouvelle. Celle qui permettrait d’entrevoir un futur plus attentif et mieux structuré.
Mes chroniques seraient plus attirantes si elles étaient moins ronchon. Mais je me dis qu’il y en aura toujours qui iront anesthésier les rêves, figer les sens et dire la vie comme on voudrait l’imposer à l’imaginaire collectif : lisse et monocorde. Que l’on ne s’y trompe pas, ce seront toujours les mêmes qui feront, avec un fond de sarcasme, dans cet optimisme béat qui, s’il en avait le pouvoir suprême, continuerait à imposer le silence aux réticences qui s’expriment. Optimisme et insouciance, propres à ceux qui n’ont toujours aucune raison de s’inquiéter pour leur avenir et celui des leurs. Propres à ceux que le système aura protégés et continue de le faire. Parce qu’il ne faut pas croire que la gravité de la situation ou l’éloquence des nombreux défilés devant les juges auront dissuadé ceux qui, déterminés à en faire autant, regardent avec envie les avantages qu’il y a à faire partie d’un clan ou à graviter autour d’une force quelle qu’elle soit, pour peu qu’elle pèse sur la décision. Je pense à ceux qui, pour exprimer bruyamment leur soutien au système, ont un jour, face aux caméras, offert un cheval à un cadre. À un objet inerte, brandi avec morgue, pour attester de leur reconnaissance à un homme sérieusement diminué. Pour imposer la continuité à une opinion publique fortement excédée par les coups portés à son équilibre. Fort heureusement, le Hirak, en puissant porte-parole, est intervenu pour exprimer avec force le ras-le-bol citoyen et siffler la fin de la partie au pitoyable théâtralisme.
J’avais commencé cette chronique avec pour idée essentielle de la consacrer au système de santé, au corps médical, à la Covid-19 et à la vaccination. En dérivant, j’ignore pour quelles raisons, on se console en se disant que ce n’est pas plus mal d’ignorer, avant la chute, où les mots vont nous mener !
M. B.
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