Au Maroc, la saumure issue du processus de dessalement est principalement rejetée en mer via des diffuseurs pour minimiser son impact environnemental. C’est cette solution qui est actuellement majoritairement adoptée par les développeurs de stations de dessalement d’eau de mer.

La saumure est une source de minéraux précieux comme le lithium, le magnésium, le potassium et le gallium. L’exploitation de ces minéraux est relativement importante pour des secteurs comme l’énergie, la technologie et l’agriculture

Mais le Groupe OCP veut rompre avec cette pratique nocive pour l’écosystème marin. C’est dans ce but que sa filiale l’UM6P s’est lancée dans la recherche pour la valorisation du sel marin issu des stations de dessalement du groupe. L’objectif étant d’en extraire des minéraux comme le phosphate de magnésium et le bitartrate de potassium, dont les résultats sont commercialement viables. L’UM6P intègre des techniques comme la nanofiltration et l’électrodialyse, qui permettent de séparer et de récupérer des composés spécifiques de la saumure, y compris des métaux précieux ou d’autres minéraux de grande valeur. Les résultats ne sont pas encore probants. Mais les simulations et analyses économiques montrent que ces méthodes sont rentables, réduisent les coûts opérationnels et transforment la saumure d’un déchet en une ressource précieuse.

En effet, la saumure est une source de minéraux précieux comme le lithium, le magnésium, le potassium et le gallium.

Une source de minéraux précieux

L’exploitation de ces minéraux est relativement importante pour des secteurs comme l’énergie, la technologie et l’agriculture. De plus, certaines saumures naturelles sont reconnues pour leurs propriétés thérapeutiques pour la peau et les problèmes rhumatismaux. Par exemple, le lithium, dont le tiers de la production mondiale provenait de saumures naturelles en 2020, est aujourd’hui très prisé pour la fabrication de batteries pour le stockage d’électricité dans les centrales et pour les voitures électriques.
Le potassium est également un minerai essentiel pour agriculture, car il favorise le rendement des cultures, la qualité des récoltes et la résistance des plantes aux stress. Il est crucial pour la photosynthèse, le transport des sucres, le métabolisme des protéines, et renforce les parois cellulaires, ce qui améliore la résistance au froid, à la sécheresse et aux maladies. Il aide également à maintenir l’équilibre hydrique de la plante.
Autre exemple, le gallium est un métal qui peut aussi avoir des applications dans diverses industries technologiques. Dans l’électronique, il peut notamment servir à la fabrication de semi-conducteurs comme l’arséniure de gallium pour les téléphones portables, les circuits intégrés et les diodes électroluminescentes, l’optoélectronique, et la production de lumière LED blanche.
Il est aussi utilisé dans les alliages à bas point de fusion, les cellules solaires, les batteries haute température, en imagerie médicale, et comme réfrigérant dans les études sur les neutrinos. La saumure valorisée peut aussi servir l’agriculture-élevage et l’industrie chimique.

Fabriquer des produits chimiques

La saumure peut également être transformée en produits chimiques utiles, comme l’hydroxyde de sodium. Egalement appelé soude caustique, c’est un composé chimique caustique et très corrosif qui se présente sous forme de solide blanc ou de solution aqueuse. Il est largement utilisé dans l’industrie pour la production de savons, de pâte à papier et dans les produits cosmétiques comme régulateur de l’alcalinité ou de l’acidité d’une solution. Il peut être aussi utilisé pour le prétraitement de l’eau salée, en rendant le processus plus efficace.


Faire pousser des plantes fourragères dans des lagunes salines

Le mélange de sel et d’eau de mer peut aussi être utilisé pour construire des lagunes salines où sont cultivées des plantes résistantes au sel pouvant constituer du fourrage pour le bétail. Ces expériences sont déjà développées au Maroc et au Sénégal.
Au Maroc, des plantes comme le Maralfalfa, le Blue Panicum et l’Atriplex sont des options prometteuses pour le fourrage du bétail dans les zones salines, explique un expert.
Le Maralfalfa est une plante fourragère très productive et résistante, facile à multiplier par bouturage. Elle pousse bien dans les sols secs et humides et s’adapte aux climats sahéliens et désertiques.
Des recherches montrent que le Blue Panicum a de bonnes performances agronomiques, notamment dans les zones touchées par la salinité. Elle est reconnue pour ne pas altérer la qualité du lait de vache. Quant à l’Atriplex, c’est une plante fourragère en pleine expansion dans le Royaume en raison de sa résistance à la sècheresse. Le quinoa est également une autre culture résistante à la salinité qui peut être utilisée, car sa paille peut aussi servir de fourrage. La betterave fourragère est également citée parmi les plantes pouvant pousser en milieu salin. Bien qu’elle soit plus productive en sols irrigués, elle peut être ensilée ou consommée directement par le bétail. Ce n’est pas tout. Des mélanges intéressants de graminées et légumineuses peuvent aussi être développés.

Aziz DIOUF

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Auteur: Aziz DIOUF
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