Hier, au centre-ville de Tizi Ouzou ( photo : El watan )La mobilisation se poursuit à Tizi Ouzou malgré la chaleur. La détermination citoyenne est ainsi au rendez-vous chaque vendredi pour manifester à travers les rues et ruelles du chef-lieu de wilaya qui connaît une impressionnante déferlante populaire hebdomadaire depuis le début du mouvement enclenché, à l’échelle nationale, le 22 février dernier, pour le départ du système.
La marche du 25e vendredi de protestation a drainé des dizaines de milliers de personnes, hier, à Tizi Ouzou. Les marcheurs ont bravé la canicule pour venir battre le pavé dans la capitale du Djurdjura et prendre part à une imposante action de rue pour exprimer leur détermination à maintenir la pression sur les décideurs afin d’obtenir la libération des détenus arrêtés, notamment pour avoir brandi le drapeau amazigh.
Ils ont également réaffirmé leur rejet des élections et du dialogue initié par «les supplétifs du pouvoir». Les mots d’ordre de cette manifestation ont porté, entre autres, sur l’exigence de la mise en liberté des prisonniers du mouvement populaire. «Libérez les détenus, libérez l’Algérie», «Libérez nos jeunes et condamnez Saïd Bouteflika, Sellal, Ahmed Ouyahia, Tartag, Toufik et Benyounès», «Arrêtez Sidi Saïd, Khalida Toumi, Tliba et Houda Feraoun», est-il écrit sur les banderoles déployées par la foule qui s’est ébranlée de l’axe du stade 1er Novembre pour se diriger vers le centre-ville en mettant en avant l’emblème national et le drapeau amazigh. Les manifestants ont également réitéré l’exigence du départ pur et simple du système. Ils ont d’ailleurs crié, haut et fort : «Pouvoir assassin !», «Système dégage !» et «Y en a marre des généraux !».
La foule a aussi décrié le chef d’état-major de l’armée, tout en insistant sur la primauté du civil sur le militaire. «On ne négocie pas avec son peuple, on satisfait ses revendications légitimes et on ne méprise pas son peuple, on l’écoute», «Il ne peut pas y avoir de cohabitation avec les prédateurs», lit-on sur une pancarte portée par un père de famille. «Non à l’élection d’un nouveau chef de bande. Oui à une IIe République, mais sans la caste au pouvoir», «Non au coup d’Etat institutionnel. La souveraineté nationale appartient au peuple», «Pour la construction démocratique de la nouvelle Algérie», écrit un autre sur un panneau contre-plaqué.
Un autre écriteau fustige les décideurs. «Non au dialogue entre grabataires, laissez la jeunesse décider de son avenir». Des slogans pleins de sens et qui concordent amplement avec la situation du pays. Dans la foule, un marcheur a également écrit sur une plaque métallique que «la désobéissance civile s’impose». Il a même expliqué que celle-ci doit se faire par le non-payement de toutes les factures.
Les manifestants ont continué leur parcours jusqu’au mémorial des martyrs de la guerre de Libération, en face de l’ancienne gare routière où un grand rassemblement a été observé avant que la foule ne se disperse dans le calme.
Par ailleurs, notons que jeudi, une marche a été organisée dans la ville de Tigzirt, à 40 kilomètres de Tizi Ouzou, pour exiger la libération des détenus arrêtés lors des manifestations du mouvement populaire, dont Amar Acherfouche, un militants du RCD et frère d’un élu à l’APW. La marche a démarré de la placette du cinéma Mizrana jusqu’au tribunal de la ville où un sit-in a été observé par les participants à cette action.
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Auteur: Hicham Chouadria
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