Depuis le 29 janvier 2020, le gouvernement camerounais a mis en paiement une enveloppe totale de 100 milliards de FCFA au profit des opérateurs économiques prestataires de l’État. Selon le ministère des Finances (Minfi), le déblocage de cette enveloppe a été instruit par le chef de l’État, et participe de l’apurement progressif de la dette intérieure de l’État camerounais. Les prestations concernées par ces paiements, apprend-on, remontent aux exercices budgétaires 2018 et antérieurs.
« Ces paiements participent de la volonté du gouvernement de poursuivre l’assainissement des finances publiques et de réduire progressivement les délais de paiement, afin de les contenir dans les 90 jours après ordonnancement, conformément aux directives de la Cemac », souligne le communiqué du ministre des Finances.
En dépit des efforts d’apurement consentis par les pouvoirs publics, cette dette vis-à-vis des entreprises demeure importante. À titre d’exemple, selon le Projet de performance des administrations (PPA) du ministère des Travaux publics pour l’exercice 2020, les entreprises du BTP, à elles seules, réclament à l’État plus de 200 milliards de FCFA pour des travaux exécutés sur les chantiers routiers. Il convient également de rappeler qu’au cours de la 126e session ordinaire de son assemblée générale, tenue à Douala le 21 juin 2018, le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) avait révélé que les entreprises réclamaient au gouvernement camerounais une dette d’un peu plus de 700 milliards de FCFA.
Risque de surendettement
Pour le patronat, la nécessité d’accélérer le processus de remboursement de la dette due aux PME est primordial et il est indispensable de rendre ce processus transparent, les critères de définition de l’ordre de remboursement méritent des clarifications, publiés et suivis. Que ceux-ci reposent sur l’antériorité de la dette, son montant ou encore le secteur d’activité de la PME concernée. Un budget mensuel minimum, suggère le secteur privé, devrait être approvisionné pour liquider cette dette dans un horizon raisonnable.
Cependant, jusqu’en 2026, le Trésor public rencontrera d’énormes difficultés pour honorer ses engagements, notamment le règlement du service de la dette à bonne date, selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Le risque de surendettement élevé se justifie par le dépassement, depuis l’année 2018, des deux ratios de liquidité que sont le ratio service de la dette sur recettes d’exportations, d’une part, et le ratio service de la dette sur recettes publiques, d’autre part.
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Auteur: Serges Bontsebe
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