L’endettement public continue de progresser, mais reste maîtrisé. C’est l’un des principaux constats du rapport annuel sur la dette publique, annexé au Projet de loi de Finances 2026. A commencer par la dette consolidée des administrations publiques.

A fin 2024, la dette publique est estimée à près de 1.019,9 milliards de DH, en hausse de 5,4% par rapport à fin 2023. Cela s’explique par «la hausse de l’encours de la dette du Trésor de près de 64,9 milliards de DH et des dépôts au Trésor de 4,9 milliards»… (Source: Rapport sur la dette publique)
Elle concerne le Trésor, les établissements publics à caractère non marchand, les collectivités territoriales et les organismes de retraite et de prévoyance sociale. A fin 2024, elle est estimée à près de 1.019,9 milliards de DH, en hausse de 5,4% par rapport à fin 2023. Cette évolution s’explique par «la hausse de l’encours de la dette du Trésor de près de 64,9 milliards de DH et des dépôts au Trésor de 4,9 milliards», est-il noté. Parallèlement, la hausse de l’encours des dépôts des établissements publics non marchands de 15,2 milliards de DH a contribué à atténuer la hausse de l’encours de la dette consolidée des administrations publiques.
A fin de 2024, le niveau de la dette publique rapporté au PIB est en recul de 1,5%. Il est passé à 63,9% contre 65,4% à fin 2023.
Pour ce qui est de l’évolution de l’encours, à fin 2024, celui de la dette du Trésor s’est établi à 1.081,6 milliards de DH, en hausse de 6,4% par rapport à fin 2023. Auparavant, il avait connu une hausse de 6,8% entre 2022 et 2023.
En ce qui concerne l’évolution de la structure de la dette du Trésor, le rapport annuel fait état d’une stabilité de la part de l’endettement extérieur, à 24,9% à fin 2024 et celui de la dette intérieure à 75,1% du portefeuille global. «Ce qui demeure conforme aux objectifs retenus pour le portefeuille benchmark: 70-80% pour la dette intérieure et 20-30% pour la dette extérieure». Dans les détails, l’encours de la dette intérieure s’est établi à 811,8 milliards de DH, en augmentation de 6,4% par rapport à l’année d’avant. Celui de la dette extérieure est de 269,8 milliards de DH, en hausse de 6,4% par rapport à 2023. Rapporté au PIB, il reste dans la même tendance baissière avec 1 point de pourcentage, pour se situer à 67,7% à fin 2024. Entre 2022 et 2023, cet encours avait également baissé de 2,8 points. Cette évolution s’explique, selon le ministère des Finances, par «la croissance économique soutenue et la poursuite de la trajectoire de consolidation budgétaire».
Par type de dette, le ratio a atteint 50,8% au titre de l’endettement intérieur et 16,9% au titre de l’endettement extérieur, contre respectivement 51,6% et 17,1% à fin 2023.
Intérêts, commissions…
Pour ce qui est des charges de la dette du Trésor en amortissements, intérêts et commissions, réglées durant l’année dernière, elles ont atteint 198,3 milliards de DH, en baisse de 28,5% par rapport à fin 2023. Cela s’explique notamment par «la baisse des charges en principal de 84,7 milliards de DH». Par type de dette, l’évolution était contrastée. Au moment où les charges de l’endettement intérieur sont en baisse de 92,1 milliards de DH à 166,5 milliards de DH, contre 258,6 milliards de DH à fin 2023. En face, celles de l’endettement extérieur ont augmenté de 13,1 milliards de DH par rapport à fin 2023, s’établissant à 31,9 milliards.
Coût moyen
Le coût moyen de la dette du Trésor s’est établi à 3,96% à fin 2024 contre 3,32% l’année d’avant. Par type de dette, le coût de l’endettement intérieur a augmenté pour se situer à 3,89% contre 3,23% à fin 2023. Cela s’explique notamment par «la hausse des taux retenus durant les années 2022 et 2023, suite au relèvement cumulé de 150 pb du taux directeur de BAM, dans le cadre de la politique de resserrement monétaire menée durant cette période». Pour la dette extérieure, le coût moyen est également en hausse, passant à 4,14% contre 3,62% à fin 2023. Une évolution liée à «l’augmentation des niveaux des taux d’intérêts sur le marché financier international depuis 2022».
M.A.M.
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Auteur: Mohamed Ali Mrabi
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