Cela dénote d’un engagement profond au service de la patrie, d’un grand sens de responsabilité de la part des femmes et des hommes qui composent ce panel et qui n’ont d’autre ambition que de contribuer, tant par leur expérience que par leurs compétences, à une issue sereine et définitive de la crise actuelle, inédite dans son genre depuis l’indépendance. La mission est délicate, certes, et la voie du dialogue constitue un chemin escarpé qui exige persévérance, sagesse et beaucoup de lucidité pour parvenir à l’objectif final. Mission délicate mais pas du tout impossible pour les membres du panel de médiation qui se disent armés de suffisamment de volonté pour contrer toutes les critiques et la mauvaise foi des partisans du chaos, et ce sans jamais s’écarter de l’objectif final, celui de baliser le terrain pour la tenue dans les meilleurs délais d’une élection présidentielle. L’opinion a eu déjà un premier aperçu sur l’engagement de Karim Younès à travers sa déclaration récente sur son compte Facebook. «Même si je dois encore être victime de mise en accusation, je continuerai à agir de façon équitable, en dépit de la manière inique avec laquelle certains opèrent. Quant à la démarche qu’il souhaite faire valoir en tant que coordonnateur et président du panel du dialogue, celle-ci est substantiellement inclusive tant le but recherché est de parvenir à une solution consensuelle approuvée par la majorité des partis politiques et les organisations de la société civile. En d’autres termes, l’Algérie qui fait face à une phase décisive de son histoire a besoin de la contribution de tout un chacun pour consacrer ce sursaut démocratique tant souhaité par une société déterminée à évoluer sur le chemin du progrès et de la modernité dans un Etat de droit respectant les libertés individuelles et collectives, doté d’une justice indépendante et d institutions issues de la légitimité populaire. C’est dans cette optique qu’il appartient d’engager une réflexion collective en vue de cristalliser les revendications tout aussi légitimes exprimées par des milliers de citoyens à travers des manifestations pacifiques qui ont émerveillé le monde. A l’évidence, la consécration de ces revendications ne se fera que progressivement. En ce sens, le panel, dont le coordonnateur affirme qu’il est très au fait de «ce que veut le peuple», entend construire, étape par étape, le consensus autour d’une sortie de crise. L’instance du dialogue entend couronner sa mission par la tenue d’une conférence nationale à laquelle prendront part toutes les forces vives de la nation. Les travaux de cette conférence devront notamment porter sur la désignation d’une instance qui sera chargée de la révision de la loi électorale en prévision d’une élection présidentielle crédible et intègre. Toutefois, au commencement, il faut d’abord créer les conditions d’un climat de confiance et agir dans le sens de la préservation de l’intérêt suprême de la Nation, dans le respect de la légalité constitutionnelle et loin de toute aventure tendant conduire le pays vers l’inconnu. En tout état de cause, il est attendu de voir ce nouveau processus de dialogue monter en cadence dans les jours à venir, et ce, à travers notamment des rencontres qui seront menées par l’instance de médiation avec toutes les parties concernées.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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