Il y a forcément trop d’argumentations fallacieuses, trop de filouterie déployée sous forme de succession de contrevérités tendant à dénigrer le nouveau processus de dialogue, en marche depuis la désignation d’un panel de six personnalités pour assurer la mission de médiation. Moins d’une semaine après la mise en action de ce mécanisme, déjà la désinformation bat son plein et les dérives médiatiques ne se comptent plus au sujet de cette démarche qui n’a pourtant pour objectif que de rétablir la normalité dans le fonctionnement des institutions et de solutionner une crise politique qui n’a que trop duré. En effet, cette nouvelle démarche, à peine émergée d’une situation d’impasse qu’elle est vite prise par le cou par ceux qui s’emploient à décréter son échec à l’avance. A qui profite l’intox ? Assurément à des cercles qui souhaiteraient que la situation actuelle s’enlise et vire au drame, pour qu’ils puissent imposer leurs agendas occultes qui ne servent ni le pays dans sa dynamique de progrès, encore moins les revendications légitimes du peuple que seule l’élection d’un nouveau président de la République peut satisfaire entièrement. Or revenir au processus électoral et tenir un scrutin présidentiel dans les meilleurs délais possibles, c’est bien là que réside l’objectif visé à travers ce dialogue confié à des personnalités, conscientes certes des difficultés d’une telle mission délicate, mais dont l’engagement à servir la patrie dans une parenthèse aussi sensible de son histoire est aussi des plus sincères. C’est ce même engagement que Karim Younès, coordonnateur du panel du dialogue, a tenu à rendre plus explicite à l’opinion dans une déclaration publiée sur son compte Facebook. «Même si je dois encore être victime de mise en accusation, je continuerai à agir de façon équitable, en dépit de la manière inique avec laquelle certains opèrent, car je veux m’engager dans ce processus qui vise à prendre à bras-le-corps la réalité telle qu’elle est», a-t-il signifié. Niant catégoriquement être le pouvoir ou son émissaire, il affirme être seulement un citoyen «appelé à apporter sa contribution aux côtés des hommes et des femmes de bonne volonté pour faire aboutir la lutte enclenchée de longue date, impulsée par la révolution de février 2019». «Que ceux qui pensent détenir la vérité, en s’installant dans le confort du censeur, fassent mieux. J’applaudirai à leurs succès », poursuit Karim Younès. Il rappelle surtout à ces derniers que «l’histoire est une roue qui se déroule sans fin, et nul ne peut entraver sa course ni l’empêcher d’atteindre son destin». « Je suis plus soucieux du futur de mon pays que du présent de ma propre image. C’est alors en mon âme et conscience que je me suis senti l’obligé de mes compatriotes, l’obligé de nos enfants, adultes en devenir, exclusivement», a-t-il plaidé. Il s’est dit « triste » de constater que son appel à l’action «se transforme en appel à la réaction». Il considère en effet que «l’homme instruit par l’Histoire sait que la société est transformée par l’opinion, que l’opinion ne se modifiera pas toute seule et qu’un seul individu est impuissant à la changer… Mais il sait que plusieurs hommes opérant ensemble dans le même sens peuvent modifier l’opinion», a-t-il encore expliqué. Il ajoutera que «cette connaissance lui donne le sentiment de son pouvoir, la conscience de son devoir et la règle de son activité qui est d’aider à la transformation de la société dans le sens qu’il regarde comme le plus avantageux.
«Tenter d’obtenir la libération de jeunes manifestants pour avoir porté le drapeau de ses couleurs identitaires, est-ce une tare? De faire arrêter les violences policières contre les manifestants, est-ce une hérésie? Faire sauter les verrous qui empêchent l’accès de la capitale les jours de marche, une faute grave? D’appeler à l’ouverture des médias aux opinions qui courent dans la société, une ineptie? De porter la voix de millions d’Algériens pour le départ de l’actuel gouvernement, une lubie? Que veut-on au juste? Laisser tous ses leviers de pouvoir au pouvoir que l’on veut abattre?», s’est-il ainsi interrogé.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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