Depuis le 23 octobre dernier, le directeur régional de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC) pour le Littoral, Roger Ducadeau Sop Titcho a annoncé la suppression, à partir du 1er décembre prochain, les sous-dépôts de boissons dans l’ensemble de la région. En effet, dans sa politique commerciale,  le leader du secteur brassicole au Cameroun a recours à trois catégories d’entreprises pour l’écoulement de ses produits : les grossistes, les sous-dépôts et les détaillants. Chaque catégorie est immatriculée aux impôts et s’acquitte de ses charges fiscales et sociales.

La catégorie dénommée « sous-dépôt » est composée de plus de 300 opérateurs, contribuables des Centres des impôts de moyennes entreprises (CIME) et des Centres pilotes et divisionnaires pour certains. Ce responsable de la SABC menace par ailleurs de retirer l’agrément de ceux des grossistes qui continueraient à vendre les produits de l’entreprise à ces sous-dépôts. Sur la pertinence d’une telle décision, les principaux acteurs se demandent comment une entreprise citoyenne comme la SABC peut en venir à mettre fin aux activités de plus de 300 Pme, avec les effets induits sur le plan fiscal et social dans un pays en pleine crise sociale.

Le résultat, estiment-ils, a été sévère et sans équivoque. Ils soupçonnent même une tentative d’escroquerie et de fraude fiscale à grande échelle justifiées par le caractère discriminatoire de cette mesure qui ne concerne que les sous-dépôts de la seule région du Littoral. Au commencement étaient les sous-dépôts qui s’approvisionnaient chez les grossistes et parfois directement aux Brasseries. « Ils ne dégagent aucune marge puisqu’ils revendent au prix d’achat le casier de bière et autres, aux détaillants. Ils vivent donc des ristournes qui leur sont payées sur la totalité de leurs ventes après six mois. Il se passe donc que, depuis plus d’un an, tous ces opérateurs n’ont perçu aucune ristourne ni des Brasseries, ni des grossistes, où certains ont fermé les portes et restent introuvables pour eux, mais pas pour les Brasseries. Ces Camerounais sont donc désemparés et ploient sous le poids des dettes contractées pour couvrir leurs charges », décrie un opérateur. Nonobstant le non-paiement de ce manque à gagner contractuel, poursuit-il, « le directeur régional n’a eu pour refuge que la fermeture de l’activité ».

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Auteur: Francky wilfried Onana
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