IL fut un temps où la Tunisie était respectée et admirée par la communauté internationale, malgré les aléas et la dictature. Mais, le pays a perdu, au fil des dernières années son aura et son prestige, simplement parce qu’il a compté sur des politiciens qui n’ont pas compris l’importance et l’ampleur de leur mission, afin de perpétuer une image rayonnante.

La Tunisie a compté sur ses compétences, son savoir-faire, ses prises de positions modérées et réfléchies, ainsi que sur le prestige de ses dirigeants, ce qui a fait qu’elle a cumulé un capital-sympathie qui devait lui permettre d’aller loin dans ses relations avec ses partenaires européens et arabes.

Malheureusement, en faisant le bilan de ce qui a été accompli, au fil des dernières années, on a dilapidé ce capital-sympathie, ainsi que le capital-confiance recueilli, auprès des instances internationales et, même, du monde entier.

Une révolution saluée et applaudie, même, au Congrès américain a été foulée aux pieds, pour céder la place à des tiraillements politiques, des déchirures au sein d’un peuple censé être uni, pour faire face aux aléas et des allégeances, ce qui n’était pas coutumier, dans le passé.

Ahmed Friaa, universitaire et chercheur, l’a bien dit, dans l’un de ses analyses de la situation : « Les divisions, la recherche d’intérêts partisans et des positions éphémères continuent, dans un esprit de haine et d’exclusion de l’autre. Dans ce cas, il y a de grands risques pour que nous soyons exclus de la trajectoire de l’histoire… Nous aurions tous à rendre compte devant l’histoire… ».

Cela en dit long sur ce qui les méfaits qui sont en train d’être commis aux dépens de la Tunisie, parce qu’en perdant ce capital immatériel que nous avons accumulé, le pays perd sa place dans le concert des Nations, en devenant tributaire de ce que manigancent certaines puissances qui profitent de la fragilité et des errances de cette classe politique qui a montré ses limites.

Certes, il y a une lueur d’espoir, avec les tractations menées, actuellement, pour la formation du nouveau gouvernement, le neuvième depuis le départ de l’ancien régime. Il faut avoir le courage de changer et de rectifier le tir. Mais, tout cela ne sera possible que lorsque tout le monde sera animé de bonnes intentions et qu’on fait passer l’intérêt du pays, avant ceux partisans restreints, tout en ayant conscience que lorsque le torrent passe, il emportera tout, sans aucune distinction.

 

Par Faouzi SNOUSSI

Auteur: letemps1
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