Les centaines d’Algériens qui se sont rassemblés, hier à Paris, ont réitéré leur détermination à construire une Algérie nouvelle qui viendra en «rupture radicale» avec le système politique en place et mettra les jalons pour une «véritable» justice sociale. Loin de s’essouffler, les Algériens de Paris et de ses environs se sont donné rendez-vous, comme d’habitude, à la place de la République, malgré une météo pas clémente qui a, sans doute, dissuadé nombre de personnes à se déplacer, d’où une mobilisation moindre que les précédentes. Les slogans ont été focalisés cette fois-ci sur les tenants actuels du pouvoir, à travers lesquels les manifestants ont tenu à leur souligner que «le peuple algérien n’est pas dupe», réitérant leur refus de composer avec «les têtes du système» qui a fait «faillite». Ils ont tenu à rappeler également que l’Algérie est «une et indivisible», et «son peuple a tranché à travers ses 10 référendums populaires (manifestations de vendredi) en faveur d’un changement radical du système politique, du régime et de son personnel». Certains manifestants ont même porté des phrases tirées de la culture et de l’histoire françaises, comme par exemple celle de Marcel Proust qui disait : «Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs.» Ou de Bonaparte Napoléon : «Aujourd’hui, le règne des castes est fini, on ne peut gouverner qu’avec les masses.» En tout cas, à la place de la République, c’était l’ambiance générale qui se dégageait, où pratiquement les manifestants ont parlé d’une seule voix : «Le peuple est souverain, et personne ne décide à sa place.» «Ras-le-bol de ce pouvoir. Dégage !», «Le peuple uni ne sera jamais vaincu», «Ni oligarchie financière, ni dictature militaire, ni République intégriste», «Pour un État démocratique et véritablement populaire», pouvait-on lire dans les banderoles fixées à même le monument de la place de la République ou portées par des manifestants, dont la majorité a drapé l’emblème algérien. Durant le rassemblement, alors que des jeunes chantaient tantôt la Casa d’El-Mouradia, une chanson sortie des stades, mais réappropriée par le mouvement populaire, tantôt l’hymne national et les chants patriotiques, d’autres organisaient des forums où les manifestants défilaient pour s’exprimer sur la situation en Algérie et les derniers développements, tout en livrant leur vision de la transition démocratique et sa gestion. D’autres ont beaucoup insisté sur la libération de la presse et des médias, appelant certains médias privés, notamment les chaînes d’information, à plus de professionnalisme. Le rassemblement s’est déroulé dans le calme, et, comme à l’accoutumée, dans une ambiance de fête, avec une présence policière très discrète, a-t-on constaté.

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.