Le sélectionneur national, Djamel Belmadi, a animé, hier, une conférence de presse au Centre technique national de Sidi Moussa, profitant du stage de l’EN en ce moment. Il a abordé plusieurs sujets et répondu à l’ensemble des questions qui lui ont été posées par les médias sans ambages et avec sa franchise coutumière. L’artisan principal de la CAN-2019 remportée par l’équipe d’Algérie a, encore une fois, fait montre de clairvoyance et d’une extrême intelligence dans ses propos.
Répondant tout d’abord à une question au sujet de ses relations avec le président de la FAF, Kheireddine Zetchi, pour mettre au clair l’opinion suite aux nombreuses rumeurs faisant part de rapports tendus et conflictuels entre les deux hommes, Belmadi rétorque: «Je n’ai pas trop envie d’aborder ce genre de thèmes qui ne feront en rien avancer le football algérien, je tiens néanmoins à être clair à ce propos. Il y a beaucoup de respect entre nous et nous travaillons ensemble d’une manière professionnelle et correcte. Il n’y a aucun problème de ce côté-là. Je préfère à l’avenir aborder des sujets plus intéressants, parce que les rumeurs et la désinformation que certains fossoyeurs veulent véhiculer pour semer la fitna et induire en erreur l’opinion publique nationale, chose que je condamne par ailleurs, je ne leur accorde aucun importance. Ce qui m’importe le plus, c’est le travail, faire progresser mes joueurs, faire avancer la sélection, la rendre plus performante et la maintenir toujours compétitive. Je ne peux pas baser mon travail sur la spéculation. Par exemple, il n’a jamais été question pour moi de quitter la sélection après la CAN. J’ai un devoir à accomplir envers mon pays et son peuple et je le ferai à 1000%.»
«On doit me consulter sur le futur manager»
Pour ce qui est de la démission du manager général de la sélection, Hakim Medane, et par rapport à celui qui lui succèdera dans les prochains jours, Belmadi dira: «Ma collaboration avec Hakim Medane était très étroite. On a été partout ensemble en Europe pour suivre nos joueurs. Il a préféré s’en aller parce qu’il s’est aperçu qu’il se sentait très visé et victime d’une campagne haineuse, en plus du fait qu’il se sentait très fatigué aussi. Pour ce qui est du choix du futur manager, il revient au président de la Fédération de le choisir, ce n’est pas de mes prérogatives. Je connais parfaitement les miennes et je ne les outrepasserai pas. Ce qu’il faut savoir, par ailleurs, c’est que je dois être consulté à ce propos et donner mon point de vue, surtout que le manager de la sélection est appelé à travailler avec moi et doit être en adéquation avec ce que nous mettons en place.
J’espère que le choix sera porté sur la bonne personne aux compétences avérées.»
«LA CAN-2019, des moments mémorables, tout pour rendre heureux notre peuple»
Revenant sur le succès mémorable des Verts lors de la CAN-2019 d’Egypte remportée avec brio, l’homme providentiel de l’EN affirme avec émotion : «Ce sont des moments forts de mon existence, de celle des joueurs, des membres des différents staffs, des responsables de l’équipe nationale et de tout le peuple algérien, qui resteront à jamais gravés dans les mémoires. Je ne les oublierai jamais, d’autant plus qu’on a fourni un travail d’équipe extraordinaire avec un groupe fantastique qui était à notre écoute et totalement engagé. Ce succès qui restera dans l’histoire, avec des joueurs que le peuple algérien n’oubliera jamais, a été possible grâce aux efforts consentis par tout un chacun. Ce n’est pas l’œuvre de Belmadi uniquement. Le mérite revient à tous ceux qui étaient impliqués dans la bonne marche de cette formidable équipe d’Algérie. Ce n’est pas ma gloire personnelle qui m’intéresse ou qui me fait avancer, c’est surtout servir mon pays et le peuple algérien qui méritent tous les sacrifices. On ne remerciera jamais les joueurs pour tout ce qu’ils ont donné afin de décrocher ce sacre africain, de surcroit en dehors du pays. De même que le peuple algérien qui nous a réservé un accueil triomphal. Notre peuple est formidable, le rendre heureux et lui apporter du bonheur et de la joie n’ont pas d’égal».
«Slimani et Guedioura ne méritaient pas un tel acharnement par les criminels de l’audiovisuel…»
Par ailleurs, Belmadi n’omettra pas d’afficher sa colère et sa désolation face aux dénigrements gratuits, mesquins et méchants dont ont été la cible certains joueurs de la sélection, en rapport avec ses choix avant l’entame de la CAN, que sont Slimani, Guedioura, Zeffane et aussi Halliche. Notamment les deux premiers cités qui ont essuyé des critiques acerbes d’une rare virulence, comme le fera remarquer l’homme par qui le succès des guerriers du désert est arrivé. «Honte à ceux qui ont descendu en flammes Slimani et Guedioura et d’autres joueurs. Mais, notamment ces deux-là. A-t-on la mémoire courte ? A quoi veut-on parvenir par ce genre d’attitude déplorable et d’une méchanceté à se demander si ces gens-là, dont certains soi-disant consultants, ne veulent pas de bien à l’EN ? On dirait qu’ils veulent la voir perdre et échouer !!! Sinon pourquoi vouloir coûte que coûte rabaisser ces internationaux de valeur qui mouillent le maillot et qui sont très attachés à leur pays ? Heureusement qu’ils ont un super mental qui leur a permis de faire fi de ce genre d’écarts et de réussir tout à fait leur CAN. J’appelle ces pseudo-consultants des criminels de l’audiovisuel et mes propos sont parfaitement réfléchis.
Je ne les balance pas comme ça. Que ceux qui n’arrêtent pas de critiquer nos choix de joueurs viennent sur le terrain et nous montrent comment on doit travailler sur le plan tactique et comment on doit procéder pour établir la liste des joueurs. Qu’ils arrêtent leur gabegie. D’ailleurs, après le sacre remporté, on ne les a plus revus.
Je souhaite personnellement qu’on ne les revoit plus sur les plateaux parce qu’ils balancent n’importe quoi et font dans la fitna pour induire en erreur le peuple et le monter contre les joueurs et la sélection en cas d’échec. Je dis à ceux-là que le temps nous a donné raison par rapport à nos choix, et à ceux-là, je dis, vous devez présenter des excuses aux joueurs que vous avez voulu casser sans succès, Dieu merci».
«Heureux pour Ounas, Boudaoui, Benkhemassa, Naidji, El-Mellali, Loucif, Ferhat et les autres»
Belmadi s’est dit très réjoui et très content de voir des joueurs comme Boudaoui, Loucif, Naidji et Benkhemassa par exemple rejoindre des clubs professionnels en Europe. Il a tenu à affirmer à ce propos :
«Cela prouve bien encore une fois que le footballeur algérien est doué, il suffit seulement de bien le prendre en charge et de bien le former pour qu’il montre la panoplie de ses qualités. Voir des garçons comme El-Mellali, Ferhat et autres se distinguer dans leurs clubs respectifs me fait vraiment plaisir. Avec Patrick Vieira, par exemple, je suis persuadé que Boudaoui fera du chemin et progressera. Il sera bien épaulé aussi par ses coéquipiers en sélection comme Atal et Ounas. C’est une bonne chose que les trois évoluent dans la même équipe, et l’OGC Nice est un excellent club pour eux. Voir aussi Slimani émerger à l’AS Monaco qu’il vient tout juste de rejoindre avec à la clé trois buts en deux matches joués, cela ne peut que nous faire plaisir et lui tirer chapeau. L’EN ne pourra que profiter de la progression et de la bonne forme de tous ces joueurs».
«Possibilité de jouer face au Brésil et à la France »
Il a aussi fait savoir que lors de ce stage, l’EN se contentera d’un seul match amical face au Bénin, alors que lui souhaitait en jouer deux. La raison est toute simple, le Ghana, qui devait lui aussi donner la réplique à l’Algérie, s’est désisté en dernier lieu pour des raisons propres à lui. Il voulait surtout donner l’occasion à l’ensemble des éléments sélectionnés pour ce stage de jouer pour les voir à l’œuvre, notamment les nouveaux arrivés. Il a informé qu’après le sacre des Verts à la CAN, l’EN est sollicitée par de belles sélections pour livrer des matches amicaux. Parmi elles, le Brésil que l’Algérie peut jouer au mois d’octobre où les Verts devront prendre part à deux nouvelles rencontres amicales. Sauf qu’il apporte une précision là-dessus : «Pour le Brésil, il se pourrait que cela ne soit pas en octobre. On le verra bien, parce que cela doit répondre à une logique en rapport avec les matches officiels qui nous attendent. Ça pourrait donc être à une autre date pour le Brésil. Peut-être en novembre. C’est une excellente chose de jouer un adversaire pareil.»
Il y a même la possibilité d’organiser un match amical face à la France à l’avenir, ici en Algérie : «Jouer contre l’équipe de France, double championne du monde, ne peut être que très intéressant pour nous. Cela sur le plan sportif. Aussi, il y a un pont d’histoire entre les deux pays. On le verra bien. La possibilité existe bien de jouer devant la France. Ça prouve que l’équipe d’Algérie a grandi en réalisant une superbe CAN».
Djamel Belmadi a aussi informé que Rafik Halliche jouera son dernier match avec les Verts en rencontre amicale face au Bénin. «Halliche a beaucoup donné à la sélection, il mérite de sortir par la grande porte. C’est pourquoi je l’ai convoqué à ce stage pour l’honorer et lui permettre de jouer son dernier match face au public algérien.»
Pour ce qui est des objectifs de l’EN à venir, l’homme fort de l’équipe d’Algérie fait savoir sans surprise : «A présent, on doit être capable d’assumer notre statut de champion d’Afrique et surtout éviter de dormir sur nos lauriers et ne pas être capable de réaliser d’autres succès. On sera toujours plus exigeant, et personnellement, ce qui m’intéresse, c’est de voir l’Algérie respectée et crainte, une Algérie qui gagne des trophées et donc des titres. Notre principal objectif à présent est la qualification à la Coupe du monde 2022 au Qatar et on réalisera le maximum de résultats positifs lors des rencontres que nous livrerons à l’avenir. Personnellement, je suis très exigeant avec moi-même. Il n’y a pas un jour qui se lève sans que je pense, réfléchit au travail qui nous attend pour faire toujours progresser cette équipe d’Algérie. Le jour où je saurai que je ne serai plus capable de lui apporter un plus, je me retirerai». A signaler que Belmadi a tout au long de ses interventions lors de ce point de presse tenu à rendre hommage et à féliciter ses joueurs qui adhèrent pleinement à sa démarche et qui comprennent parfaitement ses messages. Il a en outre tenu à dire sa désolation par rapport au président de la FAF, Kheireddine Zetchi, qui n’a pas reçu la médaille du mérite national remise après le retour des Verts d’Egypte, en réponse à une question d’un journaliste à ce sujet : «Franchement, on ne s’était pas aperçu de cela pendant la cérémonie parce qu’on était très fatigués. Mais, à la fin de celle-ci et sur le chemin, lorsque Zetchi m’en avait fait part, j’ai trouvé cela franchement terrible.
Comment dans de tels moments, certains pensaient à régler des comptes ou je ne sais quoi d’autre. Moi, par rapport à Zetchi, je n’ai rien vu d’anormal lorsqu’on était en Egypte. Seulement, je témoigne que la victoire de l’EN, c’est aussi la sienne et celle de nous tous. C’est un homme travailleur, qui fait de son mieux en tant que président de la FAF. Certes, tout n’est pas parfait comme j’ai pu le constater et qu’il y a moyen d’améliorer beaucoup de choses. Toutefois, sur l’essentiel, Zetchi est un homme qui travaille. Je ne suis pas son avocat, mais j’estime que c’est déplorable de l’avoir privé de ladite médaille, alors qu’il s’agit du premier responsable du football algérien.
Mohamed-Amine Azzouz
Auteur: elmoudjahid
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