Une personnalité atypique à la Maison-Blanche

Dans son discours d’hier, le président américain, Donald Trump, n’a pas déclaré la guerre à l’Iran, qu’il compte plutôt presser avec de nouvelles sanctions. Mais le Moyen-Orient retient son souffle. L’homme est versatile.
Un personnage atypique, un provocateur né et un chef d’Etat imprévisible… Le président américain, Donald Trump, est en passe d’accrocher un nouveau qualificatif à son palmarès : un va-t-en guerre. Il risque de déclencher, dans les prochains jours, une troisième guerre du Golfe. En décidant, seul, d’éliminer, vendredi dernier, le général iranien Qassem Soleimani, l’homme semble vouloir pousser le régime de ce pays à l’erreur. Il a déjà atteint son objectif.
La riposte iranienne qui a bombardé, hier matin, deux bases militaires américaines en Irak, pourrait être un prétexte pour l’intervention de l’armée US contre «l’ennemi n°1» dans la région. Certes, rien n’est décidé pour l’instant. Dans son discours d’hier, il n’a pas déclaré la guerre à l’Iran, qu’il compte plutôt presser avec de nouvelles sanctions. Mais le Moyen-Orient retient son souffle. L’homme est versatile. Il pourrait pondre une autre décision, sans préavis.
Qui est Donald Trump ? Un «fou», comme le décrivent de nombreux médias américains et occidentaux, ou un «stratège» qui sait comment capter l’attention du monde entier ? Né en 1946 à New York, le richissime homme d’affaires, âgé de 74 ans, ne cesse de marquer, à sa manière, son passage à la tête de la Maison-Blanche.
Doté d’une énergie inépuisable, d’un ego surdimensionné, le 45e président des Etats-Unis d’Amérique n’a pas cessé, tout au long de son mandat qui expirera en novembre prochain, de faire parler de lui. Il se joue de tous les protocoles et nargue ostentatoirement ses homologues, notamment occidentaux. Mais pas seulement. Donald Trump s’attaque à la presse de son pays, aux hommes politiques qu’il traite de «corrompus», comme il se permet d’insulter «le reste du monde», les femmes et les musulmans.
La politique comme les émissions de la télé-réalité
Animateur star de l’émission de télé-réalité «The Apprentice» (une sorte de jeu éliminatoire qui permet au gagnant d’obtenir un emploi dans l’empire Trump), l’homme à l’immense fortune était déjà connu des Américains. Un visage familier. C’est ce passage à la télévision qui l’aurait forgé. Il tente ainsi d’imprimer le mode de la télé-réalité à la politique. Une stratégie qui s’avère gagnante pour lui. En politique, Donald Trump n’est pas un homme de grands principes. Il passe d’un camp à un autre, sans donner l’alerte.
Il était d’ailleurs démocrate jusqu’en 1987, avant de devenir républicain pour une dizaine d’années (1987-1999). Il intègre, ensuite, le parti démocrate la Réforme. Mais pour seulement deux ans, puisqu’il redevient vite républicain. Et c’est sous la bannière de ce camp qu’il devient président des Etats-Unis, à l’issue d’une campagne durant laquelle il a suscité de nombreuses polémiques.
Populiste par excellence, Donald Trump n’a pas hésité à suggérer une solution saugrenue au problème de l’immigration clandestine venue du Mexique : la construction d’un mur à la frontière qui sera financée par le pays voisin. Il avait aussi évoqué sa volonté de renégocier les accords commerciaux internationaux, en rupture avec son parti favorable au libre-échange. Pour le terrorisme, il sort aussi une solution étrange, en l’occurrence l’interdiction d’accès au sol américain aux immigrants de tous les pays musulmans. Il s’est ravisé ensuite, pour parler «des pays à risque».
Une élection entachée
Contrairement aux anciens Présidents, Donald Trump a été confronté, au lendemain de son élection, à une lourde accusation. Les services de renseignement et la justice se sont intéressés, aussitôt, à l’influence russe dans sa victoire face à la démocrate Hillary Clinton. Il a risqué la destitution, qui a été votée récemment par la Chambre des représentants, à majorité démocrate.
Mais il pourrait s’en sortir, puisque le Sénat, à majorité républicaine, n’est pas près de donner une suite favorable à la procédure. Malgré cette polémique, il a continué à gouverner et à entraîner les Etats-Unis dans une sorte d’isolationnisme économique sans précédent. Sa cible favorite est la Chine, qu’il accuse de tout et de rien. L’un de ses défauts est qu’il n’écoute personne.
Il prend des conseils, sans les appliquer sur le terrain. En effet, récemment, il avait eu une entrevue avec l’ancien président américain, Jimmy Carter, qui lui a expliqué que «ce n’est pas avec les dépenses militaires» que les Etats-Unis dépasseront leurs adversaires, notamment la Chine. «Vous craignez que la Chine ne passe devant, et je suis d’accord avec vous. Mais savez-vous pourquoi la Chine est en train de nous dépasser ? J’ai normalisé les relations diplomatiques avec Pékin en 1979.
Depuis cette date, savez-vous combien de fois la Chine a été en guerre avec qui que ce soit ? Pas une seule fois. Et nous, nous sommes constamment restés en guerre. Les Etats-Unis sont la nation la plus belliqueuse de l’histoire du monde, parce qu’ils désirent imposer des valeurs américaines aux autres pays.
La Chine, elle, investit ses ressources dans des projets tels que les chemins de fer à grande vitesse au lieu de les consacrer aux dépenses militaires», a indiqué Jimmy Carter à son vis-à-vis, en lui rappelant que 3000 milliards de dollars ont été gaspillés en dépenses militaires. Ce conseil a été vite oublié et Donald Trump préfère garder la même stratégie…
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Auteur: Anis Khecheba
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