Désescalade et reprise du dialogue… les mots d’ordre
L’étau américain se resserre
Les Européens se sont réunis encore une fois à Bruxelles. Objectif: sauver l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Mais l’impossibilité de contourner les sanctions américaines leur laisse peu de chances, ont averti leurs ministres des Affaires étrangères hier, lundi 15 juillet. «L’Iran a pris de mauvaises décisions en réaction à celles des Etats-Unis de se retirer de l’accord et d’imposer des sanctions dont la portée extraterritoriale touche de front les avantages économiques que le pays pouvait retirer de l’accord», a déploré le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian.
Les Européens espèrent convaincre les Iraniens de leur volonté de les aider avec l’utilisation de l’Instex. Un mécanisme de troc créé pour contourner les sanctions américaines en évitant d’utiliser le dollar. Mais la situation est complexe. «L’extraterritorialité des sanctions américaines a abouti au retrait d’Iran des entreprises européennes et le commerce s’est effondré», a expliqué un diplomate européen cité par l’AFP. L’Iran ne peut plus exporter son pétrole, et est ainsi privé de l’essentiel de ses revenus. Les exportations sont tombées de 1,5 million de barils par jour à 700.000 barils, ce qui est insuffisant pour maintenir une économie viable.
Dans un communiqué commun, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne (trois parties à l’accord sur le nucléaire iranien de 2015) ont appelé à arrêter l’escalade des tensions et à reprendre le dialogue. «Nous insistons sur (…) la réciprocité des droits et des devoirs entre les parties à cet accord… », a réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi. Les trois pays se sont dit par ailleurs «profondément troublés par les attaques dans le Golfe et au-delà, ainsi que par la détérioration de la sécurité dans la région».
L’accord de Vienne de 2015 prévoit une limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays. Un an après le retrait unilatéral des Etats-Unis, l’Iran avait décidé de cesser de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi. Le pays a dépassé début juillet la limite imposée à ses réserves d’uranium enrichi, à 4,5%, soit au-delà du maximum autorisé par l’accord (3,67%). Jusqu’ici l’Iran avait respecté les termes de l’accord, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui vérifie les engagements pris.
Auteur: mbasraoui
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