Si beaucoup a été dit, au plan politique, et le débat à ce niveau reste encore ouvert, par rapport au mouvement populaire enclenché le 22 février, «pour les aspects économiques, particulièrement la question du «modèle», on n’a pas de «cadre général» préalable. Pourtant cette question de modèle ou «paradigme » économique est aussi importante sinon plus que les aspects strictement politiques ».
En fait, «toute politique est économie et toute économie est politique». Le Dr Omar Aktouf, professeur HEC Montréal, constate aussi qu’ «il n’y a eu que fort peu
-et encore souvent fort timides- analyses et commentaires en ce sens». Dans une contribution sous l’intitulée « Hirak et sortie de crise : quel «modèle économique» pour un vrai changement ? », parue sur le site « Algérie ECO », le professeur en management suggère que, « le Hirak doit déboucher sur un nouveau paradigme économique s’il veut un vrai changement politique ! ».
Et de rappeler que «le politique et l’économique sont inséparables». En fait «que vaut en effet un discours politique» qui ne soit émaillé de considérations relatives, pour une raison ou une autre, à la croissance, au chômage, à l’inflation, au PNB, au marché du travail, aux retombées économiques, au pouvoir d’achat, au SMIG, au budget de l’État, aux réserves, aux exportations-importations, aux déficits, aux excédents, etc».
Entre autres pistes de sortie de crise, en ce qui concerne le volet économique, le professeur Omar Aktouf propose de «mandater, là où nécessaire, des personnes compétentes et intègres en tant que «commissaires spéciaux» pour prendre en main la continuité des activités économiques et administratives essentielles», de «désigner un gouvernement de salut national chargé des affaires courantes», de «veiller au gel immédiat des transferts, comptes, mouvements de capitaux… non dûment justifiés», et d’ «enclencher d’urgence des procédures pour récupérer tous les fonds émanant d’algériens ou autres, volés au pays et déposés à l’étranger».
Dans le sillage de ses propositions, on relève également l’option du «comité de réflexion économique» qui devra se pencher sur l’inévitable tâche d’analyser, en long et en large, les effets du modèle néolibéral dominant, ceux des «modèles alternatifs» (Europe du nord, Chine, Japon…) et qui sera chargé d’éclairer l’Assemblée constituante quant aux différentes options économiques disponibles, pour le bien du pays, de son peuple, de sa nature ». Dans ce contexte, «le Hirak doit déboucher sur un nouveau paradigme économique s’il veut un vrai changement politique», insiste l’auteur de cette contribution.
D. Akila
Auteur: elmoudjahid
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