Le personnel médical et paramédical de l’Etablissement hospitalier spécialisé en chirurgie cardiaque, Omar Yacef de Draâ Ben Kedda, a entamé une grève illimitée depuis le 20 mai dernier. Par ce débrayage, les grévistes veulent dénoncer «l’acharnement caractérisé, le harcèlement moral et les intimidations (de la direction, ndlr) touchant le corps médical».

Dans un courrier en date du 13 mai, adressé aux responsables locaux et centraux du secteur de la santé, un collectif de médecins réclame la levée des sanctions prises à l’encontre de deux femmes, une spécialiste et une employée paramédicale. «La situation se dégrade de jour en jour et nous assistons à ce qu’on peut qualifier d’ ‘‘ingérence’’ dans un domaine strictement médical, où notre travail se résume à répondre à des questionnaires pour satisfaire un esprit de mépris et de vengeance», ont-ils écrit. Cette grève, qui paralyse cette structure médicale, est sortie ces derniers jours de son aspect syndical et revendicatif.

En effet, les réseaux sociaux se sont enflammés suite au refus des médecins d’organiser des campagnes de circoncision. Dr Madjid Taziboua, spécialiste en chirurgie cardiaque, déclare : «Il y a quelques semaines, j’ai été sanctionné par une mise à pied de trois jours pour avoir effectué une circoncision. C’est un acte chirurgical qu’on faisait pour les familles démunies en dehors de notre travail. La direction impose la programmation de ces interventions, alors que ce n’est même pas la vocation de notre établissement.»

Le 28 avril dernier, plusieurs médecins informent la tutelle que le bloc opératoire et de réanimation ont été contaminés et la climatisation non fonctionnelle. Quatre jours plus tard, «pour de multiples raisons», les médecins ont suspendu les gestes de circoncision. Dr Taziboua affirme : «La situation se complique car, au lieu de s’occuper de la situation catastrophique de l’hôpital et œuvrer à le doter de moyens, la direction tente de monter contre nous la population en disant qu’on refuse d’effectuer les circoncisions.»

La direction de l’hôpital était injoignable mercredi, les deux lignes téléphoniques étant hors service. Une centaine de travailleurs ont signé une pétition demandant le départ des responsables de l’hôpital. Une délégation des travailleurs s’est rendue mercredi au ministère de la Santé pour porter de vive voix les revendications, a indiqué Dr Taziboua.

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Auteur: Anis Khecheba
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