Si la cité des alizés se trouve « correctement » connectée au réseau routier national avec de grands espoirs qu’elle puisse, dans un avenir proche, être aussi reliée par le réseau autoroutier via la ville de Safi, un intérêt de plus en plus grandissant est manifesté pour le développement de liaisons aériennes directes, à même de faciliter les déplacements de touristes en provenance d’autres cieux, pour découvrir l’authenticité et la diversité du produit touristique « made in Chiadma et Haha ».

Dans cette optique de promotion de l’aérien, plusieurs acteurs locaux et nationaux ne ménagent aucun effort pour que la cité des alizés soit desservie par de nombreuses compagnies aériennes, avec comme grande réalisation l’inauguration, le 12 septembre 2017, d’une ligne domestique reliant Essaouira à la ville de Casablanca, à raison de 3 fréquences par semaine.

A l’actif de la cité des alizés, figure également un aéroport international ultramoderne et répondant parfaitement aux standards mondiaux les plus exigeants sur les plans de sécurité, de contrôle mais aussi de fluidité, avec comme toile de fond d’accueillir les passagers dans de meilleures conditions.

Certes, si de grandes avancées ont été réalisées dans le domaine de l’aérien au niveau de cette destination balnéaire du Maroc Atlantique, grâce à la fédération des efforts de plusieurs acteurs locaux et nationaux, une mobilisation de taille est visible, ces dernières années, pour capitaliser sur les acquis et assurer un développement pérenne et sûr de la destination, notamment à travers la diversification des produits touristiques et surtout le renforcement de la capacité litière de la ville, une condition hautement exigée par les compagnies aériennes en prélude à l’ouverture de toute nouvelle desserte aérienne.

C’est dans ce sens que le Conseil Provincial du Tourisme (CPT)-Essaouira, lors de ses participations à différents Salons internationaux du tourisme, comme c’était le cas au Salon international du Tourisme (FITUR-2019) tenu en janvier dernier à Madrid, ne cesse de placer au rang de ses priorités, l’établissement de contacts directs et de rencontres B2B avec les compagnies aériennes pour explorer ensemble les différentes opportunités de développement et de renforcement de la connectivité aérienne de la ville d’Essaouira.

A titre d’exemple, lors du FITUR-2019, des opérations de démarchage ont eu lieu auprès d’Air Arabia, Rynair, Wizzair, Volotea, Germania Airlines, Tap Portugal et Binter, avec un focus tout particulier sur une série d’éventuelles lignes aériennes jugées « prioritaires » et « rentables » pour se connecter directement à certaines métropoles européennes comme Londres, Marseille, Madrid, Lisbonne, Frankfurt et Montpellier.

Ces réunions, selon le CPTE, donneront lieu ultérieurement à d’autres rencontres et ce, grâce au rôle de taille que joue l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT), et l’Office National des Aéroports (ONDA) dans le développement de la connectivité aérienne de la destination Maroc en général, et celle d’Essaouira en particulier.

En chiffres, le nombre de passagers ayant transité par l’aéroport international d’Essaouira-Mogador durant l’année 2018 s’est chiffré à 104.587 voyageurs, contre seulement 83.414 voyageurs en 2017, soit une hausse totale de 25,83% du trafic passager, selon les statistiques de l’ONDA.

Durant les 10 dernières années, rappelle-t-on, le trafic aérien au niveau de l’aéroport international de la cité des alizés a presque quadruplé, passant de 25.795 passagers en 2007 pour atteindre 83.414 en 2017, soit une hausse annuelle moyenne de 12,44%, précise-t-on.

Approché par la MAP, M. Yahia Laarous, directeur de l’aéroport international Essaouira-Mogador, a tenu à rappeler que si l’aérodrome d’Essaouira existait depuis 1948, cette plateforme aéroportuaire a connu, au fil des années, des aménagements de manière à allier confort et sécurité au profit des passagers, ce qui lui a valu d’être certifié ISO 9001 version 2008.

L’objectif porté au développement de cet aéroport traduit, depuis 2007 et même après, cette volonté des autorités publiques d’accompagner, à l’époque, le plan Azur et la station balnéaire de Mogador, a dit M. Laarous, faisant savoir que cet aéroport situé à 16 km de la ville, dispose actuellement d’un terminal de 3.000 M2, avec une capacité annuelle de 300.000 passagers, bien que le défi à relever demeure celui de pouvoir atteindre ce chiffre.

« Pour ce faire, nous avons redoublé d’efforts pour rendre cette plateforme aéroportuaire plus attractive, en la dotant de tous les équipements nécessaires pour les compagnies aériennes en termes de décollage et d’atterrissage des avions, de facilitation et de services de contrôle », a-t-il expliqué.

M. Laarous a tenu, dans ce sens, à indiquer que si l’ONDA, l’ONMT et le CPTE militent pour l’ouverture de nouvelles lignes aériennes, il appartient à tous les professionnels, quelque soit leur rang, d’accompagner l’ouverture de ces lignes par le démarchage de la destination touristique que ce soit le « out-going » ou le « in-going » afin de fidéliser les compagnies et assurer la pérennité de ces lignes.

Et de poursuivre que dans le cadre de son engagement en faveur de la promotion de la destination, l’ONDA dispose d’un plan d’incitation tarifaire en ce sens que pour l’ouverture d’une nouvelle aérienne, il se trouve que la taxe aéroportuaire est quasi-nulle.

M. Laarous a, par la même occasion, insisté sur la nécessité de communiquer davantage autour de l’aéroport d’Essaouira, surtout que cette plateforme aéroportuaire n’assure que le 1/3 des arrivées de touristes dans la ville, et que nombre de touristes ne sont informés de l’existence d’un aéroport dans la cité des alizés qu’une fois arrivés à destination.

S’agissant du Parking des avions, l’aéroport d’Essaouira est en mesure d’accueillir deux avions de type « B737 » et un aéronef d’aviation générale, alors qu’il est doté d’une piste avec une orientation 16/34, une longueur de 2.607 m, et une largeur de 45m.

« L’aéroport d’Essaouira est ouvert aussi à l’aviation privée car nous disposons de tous les équipements nécessaires, et nous répondons aux standards les plus stricts en la matière », a ajouté M. Laarous, relevant que l’ONDA dispose d’un plan directeur d’aménagement et d’extension de cette infrastructure, avec la possibilité d’augmenter le nombre des postes de stationnement d’avions de 2 nouveaux et de 4 autres pour les petits appareils.

« Nous tenons à suivre régulièrement l’analyse de la capacité aéroportuaire par rapport aux taux d’utilisation des modules de l’aérogare et les prévisions des statistiques des passagers et ce, conformément à l’approche amplement réussie par l’ONDA au niveau de plusieurs aéroports nationaux, tout en veillant dans le cadre de cette analyse à se préparer aux aménagements nécessaires du terminal », a fait savoir M. Laarous, relevant que la vision novatrice « SMART » d’aménagement des aérogares passagers vise à améliorer l’expérience des voyageurs transitant par l’aérogare par l’assurance d’un passage fluide et animé.

Il a, dans ce sens, rappelé que l’ONDA veille en permanence à l’amélioration de la qualité des services offerts et à la mise en place de nouveaux services, notant que dans le cadre des rencontres internationales dédiées au développement des routes aériennes, l’ONDA et l’ONMT y participent activement en adoptant le même discours vis-à-vis des compagnies aériennes ciblées.

Et de poursuivre que l’aéroport international Essaouira-Mogador se trouve actuellement desservi par cinq compagnies aériennes, dont Ryanair, Transavia France, EasyJet et Tui Fly, assurant plusieurs fréquences hebdomadaires et reliant la cité des alizés à cinq destinations internationales, toutes européennes à savoir Paris, Charleroi, Lyon, Bordeaux et Weeze Dusseldorf, en plus d’une liaison domestique avec Casablanca et une autre avec Marrakech, soit 24 vols hebdomadaires.

In fine, la réussite du grand chantier de l’aérien au niveau de la province d’Essaouira demeure tributaire de l’engagement de plusieurs intervenants, avec la poursuite de la diversification du produit touristique et l’augmentation de la capacité litière de la cité des alizés. Deux mesures « urgentes » qui ne peuvent être traduites dans les faits qu’avec l’implication effective de l’ensemble des professionnels du tourisme de cette cité paisible.

Auteur: Meriem IGASS
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