– Tlemcen : «Une IIe République, une 2e étoile !»
Le 22e vendredi a été particulier hier, en ce sens que les manifestants n’ont pas dérogé à la règle, à savoir «Faire déguerpir le régime et instaurer une IIe République», et pour coller à l’événement «Remporter cette finale de la Coupe d’Afrique et accrocher une deuxième étoile sur le maillot de l’équipe nationale».
Les marcheurs, toujours aussi déterminés, n’ont pas changé d’un iota, sauf peut-être dans leur façon de s’habiller aux couleurs des Verts et dans l’innovation des slogans, «Nous voulons une IIe République et une 2e étoile!» Puis, évoquant le dialogue national, les Tlemcéniens sont catégoriques : «Pas de dialogue avec les pions et les vestiges du régime».
Chantant l’hymne national à tue-tête, à faire fondre le cœur le plus insensible, les manifestants ont scandé l’inoubliable slogan «Yetnahaw ga3 !» Comme quoi même le football ne peut faire oublier l’une des revendications essentielles du mouvement populaire. «On est Algériens, notre cœur bat pour notre patrie.
On sera heureux de la victoire ce soir inch’Allah, mais on n’oublie pas que notre pays a besoin plus qu’une victoire en Coupe d’Afrique. Notre combat, c’est pour une IIe République. La Coupe d’Afrique s’achèvera ce soir, mais notre lutte pour un Etat de droit continuera !» a déclaré Hammouche Mohammed, membre actif du hirak. C. Berriah
– Tiaret : on n’en démord pas
En dépit des appréhensions liées à l’actualité footballistique, la canicule mais aussi l’usure, la 22e édition de la marche du vendredi s’est bel et bien tenue hier, 19 juillet 2019. Après avoir parcouru la ville depuis la rue Emir Abdelkader en passant par le carrefour Regina, boulevard Ben Badis et retour à la place des Martyrs, la foule n’a pas été avare en slogans comme pour se déterminer face à l’actualité politique liée au hirak.
Si certains mots d’ordre à l’endroit du chef d’état-major n’ont pas manqué, non sans susciter des moues dubitatives chez les premiers hirakistes, certains refrains comme «Djazaïr horra dimocratia», «Djazaïr khaoua khaoua», «Libérez les détenus» ont été largement répercutés. Abed Asli, un démocrate qui ne mâche pas ses mots, trouve que «le mouvement a besoin de ressorts, d’organisation mais aussi de l’engagement de tous pour ne pas oublier les objectifs initiaux du mouvement du 22 février 2019».
Sur ce point, beaucoup d’autres invétérés marcheurs ont sauté sur l’occasion pour rappeler à chaque intervenant «la nécessité de s’organiser pour ne pas avoir à être dépassés ni voir le mouvement dévié tel un fleuve». Le hirak reste donc traversé par des courants de pensée mais aussi concurrencé, l’espace d’un vendredi, par l’actualité sportive. A. Fawzi
– Témouchent : «Dawla madania machi askaria», toujours clamé
Les marcheurs témouchentois ont maintenu leur habituel rendez-vous du vendredi avec les mêmes slogans, comme «Klitou lablad ya sarakine» en guise d’échauffement, repris par les premiers arrivants devant le siège de la wilaya avant l’afflux du plus grand nombre. Après s’être ébranlés, les rangs ont grossi au fur et à mesure de l’itinéraire emprunté vers le Sud, et néanmoins centre primitif de la ville.
C’est surtout la revendication d’un Etat civil qui est réitérée maintes fois avec le slogan «Dawla madania, machi askaria». Il est un fait qu’on ne peut manquer de signaler : malgré la diversité des courants idéologiques qui traversent le hirak à Témouchent, une fois dépassées quelques tentatives de caporalisation par les uns ou les autres, un tacite modus vivendi s’est réalisé autour de l’essentiel. M. Kali
– Mascara : «Libérez la presse !» clame-t-on
Libérez la presse !» et «Non à la mise à mort de la liberté de la presse !» étaient parmi les slogans les plus repris par les militants du hirak, en ce 22e vendredi de mobilisation, à Mascara. En observant, pour la première fois, une halte assez longue devant la maison de la presse Bakhti Benouda, en plein centre-ville de Mascara, des centaines de manifestants ont tiré à boulets rouges sur la presse qui observe un black-out sur le hirak.
«Sahafa chiyatine !» (Journalistes laudateurs) et «Sahafat el ar !» (Médias de la honte), ont scandé les marcheurs en cette journée de grande chaleur. En outre, des représentants du mouvement citoyen ont manifesté leur sympathie au journal El Watan après avoir appris que l’édition d’El Watan Week-end cessait, ce 19 juillet, de paraître.
«Non à l’assassinat de la presse indépendante» et «Non à la mise à mort des libertés !», entonnaient à plusieurs reprises les manifestants, parmi eux de nombreux artistes libres. «Il faut sauvegarder les plumes libres», a lancé Djamel Belleg, un activiste de la première heure. Parallèlement, en sillonnant les grandes artères de la ville de Mascara, les militants du hirak ont de nouveau ciblé le FLN et le RND. Au cours d’une halte devant la mouhafadha de l’ex-parti unique, ils ont scandé «FLN, RND dégage !» et «Que la bande locale de voleurs rende des comptes au peuple».
En poursuivant la marche, les hirakistes reviennent à la charge pour exiger «Dawla mdaniya machi askariya» (Un Etat civil, pas militaire), «Dawla chababiya machi chibaniya» (Un Etat composé de jeunes et pas de personnes vieillissantes) et «Echaâb yourid el istiklal» (Le peuple veut l’indépendance). Souag Abdelouahab
– Mostaganem : Le hirak déterminé
Rien n’a dissuadé les manifestants à manifester, hier, pour le 22e vendredi consécutif, et crier leur colère contre les «personnages-symboles» du système. Sur les pancartes, nous pouvions lire : «Dégagez, vous avez pillé le pays», «Vous êtes une bande de voleurs et personne ne vous fait confiance». D’autres manifestants scandaient «Dawla madania, machi askaria». Par ailleurs, les détenus d’opinion n’ont pas été oublié et on a réclamé, à maintes reprises, leur libération. Lakhdar Hagani
– Relizane : la mobilisation est toujours intacte
Les Relizanais persistent et signent : «Nous sommes dans la rue depuis le 22 février pour réclamer le départ de la issaba». Ils sont venus, hier, pour la 22e fois, manifester et rejeter la feuille de route avancée par le pouvoir.
«Nous ne reculons pas, nos revendications sont claires, le départ de tous les symboles et autres figures ayant gangrené le pays», a tempêté un jeune en appelant à la convergence de tous les efforts pour réussir l’aboutissement.
«L’unicité de notre union est un atout garant de notre processus pour l’instauration d’un Etat de droit», a laissé entendre un autre, en appelant à débusquer les intrus qui tentent de fragiliser la démarche qui a drainé et réuni jusque-là tous les Algériens. Issac B
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Auteur: Anis Khecheba
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