La croissance devrait reprendre en 2020 après un ralentissement marqué en 2019, soutenue par l’amélioration des activités pétrolières et non pétrolières et la hausse des exportations. Rien n’est tout à fait perdu. Cette tendance relativement haussière tient en grande partie à une reprise des activités hors hydrocarbures, au moment où le pays a procédé au rééquilibrage budgétaire dans le cadre de la loi de finances pour 2020. Il convient de rappeler que la croissance ayant atteint son niveau le plus bas ces deux dernières années et les perspectives globales ont subi des changements importants par rapport aux années précédentes. Malgré la reprise prévue pour 2020, l’activité économique devrait demeurer faible sur le court terme par rapport à ses niveaux d’avant. La reprise devrait intervenir plus rapidement après sous l’effet, entre autres, du ralentissement du rééquilibrage budgétaire et grâce à l’augmentation des dépenses d’investissement. Le rééquilibrage budgétaire, devrait être maintenu par l’augmentation  de l’efficience des dépenses et la mise en œuvre des réformes économiques. Cela dit, la persistance des risques menaçant la reprise économique est là. Le redressement de la croissance devrait se poursuivre sous l’effet combiné des réformes en cours, du regain de confiance des opérateurs économiques et de la progression continue de la demande extérieure. La poursuite du renforcement des perspectives au plan international va continuer d’appuyer l’activité économique par le biais des exportations et de l’investissement direct étranger. Le gouvernement, avec à sa tête Abdelaziz Djerad, devrait aussi mettre en place des politiques d’emploi et de rémunération dans le public qui soient viables sur le plan budgétaire. Pour le moment, le pays reste à la traîne en termes de résultats socio-économiques et le chômage demeure élevé, ce qui a faussé la donne sur les marchés du travail et n’a pas permis d’accroître les investissements consacrés à l’infrastructure.  En plus d’améliorer l’efficience et la qualité des prestations de service public, et de supprimer les distorsions du marché du travail, des mesures sont nécessaires pour encourager la croissance et la création d’emploi dans le privé, générant ainsi une source d’emploi plus durable pour les millions de jeunes entrant chaque année sur le marché du travail. La programmation des réformes doit aussi avoir pour objectif le renforcement du secteur privé, la diversification de l’économie, la consolidation de la gouvernance, et l’amélioration du climat des affaires. L’Algérie devrait s’engager dans un processus d’ajustement et de réformes économiques et sociales. Il est urgent d’aller vers une stabilisation macroéconomique. Une fois installé, le nouveau gouvernement devrait aussitôt mettre en œuvre un programme de réformes économiques et sociales afin de faire face aux défis de la croissance et du déficit social. Il s’agit de mettre en place les conditions d’une croissance économique forte, à même de générer des emplois, et de résorber progressivement les déficits sociaux accumulés au cours des dernières années, tout en respectant les exigences de réalisation des équilibres financiers intérieur et extérieur ; le développement du secteur privé par l’amélioration de l’environnement des affaires et l’accès au financement et ainsi l’encouragement des investissements. À vrai dire, le processus de réformes économiques et sociales requiert un approfondissement. La résorption des déficits sociaux, la réforme fiscale, l’élargissement de la base productive des secteurs hors hydrocarbures, le développement du partenariat public-privé pour créer les conditions d’une croissance plus forte, sont autant de dossiers qui seront sans doute inscrits au titre du programme de réformes que le gouvernement Djerad est appelé à réaliser.                            Farid Bouyahia
 

Auteur: elmoudjahid
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