Ils reposent désormais en paix dans la terre de leurs ancêtres, au Carré des Martyrs d’El Alia. Mission accomplie. Cela étant, l’évènement historique vécu en ce 5 juillet 2020, de toutes les espérances, aura levé le voile sur la nature bestiale d’un régime colonial avec ses méthodes génocidaires, couramment utilisées par les militaires français, codifiées sous la troisième République pour les besoins d’une conquête par le fer et par le feu, puis étendues aux nouveaux territoires de l’Empire : Indochine, Nouvelle-Calédonie, Afrique occidentale.
Tout compte fait, la « pacification » meurtrière de l’Algérie a constitué pour les colonisateurs un vaste laboratoire au sein duquel les notions de races inférieures, de vies sans valeur, d’espace vital, étaient monnaie courante. La parenthèse étant refermée, le rapatriement des restes mortuaires de nos 24 Martyrs constitue une des principales revendications du gouvernement et des Algériens sur la question de l’appropriation de notre mémoire commune.
Elle vient d’être concrétisée et en appelle d’autres, car des dossiers importants et toujours pendants doivent être traités et des réponses doivent être données par la partie française. L’Algérie ne renoncera pas, par exemple, à sa demande de restitution de ses archives détenues par la France. La génération actuelle et celles qui lui succéderont demeureront attachées à la demande de restitution de toutes les archives nationales se rapportant à plusieurs périodes de notre histoire. Or, jusqu’à preuve du contraire, on ne perçoit pas pour l’instant, chez le gouvernement français, une réelle volonté de clore ce dossier définitivement. On rappelle que toutes les lois et législations internationales stipulaient avec clarté que les archives appartiennent au territoire dans lequel elles ont été produites. Pourquoi tant de dérobades ? Il y a des signes qui ne trompent pas.
Au-delà de l’émotion largement perceptible sur tous les visages, du bonheur indicible de voir ces martyrs enfin ensevelis avec dignité, parmi leurs frères de combat, même si cet événement hautement symbolique a ravivé des blessures non cicatrisées, preuve est faite que l’Algérie, dans toute sa diversité, s’est montrée reconnaissante envers ses valeureux fils tombés au champ d’honneur. Les Algériens se réconcilient ainsi avec leur histoire millénaire, affichant un intérêt accru à l’égard des glorieuses épopées.
Depuis l’avènement du Hirak, l’histoire a repris ses droits. La mémoire collective que l’on croyait assoupie se réapproprie, dans sa féconde pluralité, des espaces de plus en plus consistants. Il y avait un énorme sentiment de satisfaction à voir les longues processions de citoyens venus de partout pour rendre un ultime et vibrant hommage à ces héros. Pour leur part, les efforts du ministère des Moudjahidine sont concentrés sur la collecte de la matière historique, notamment les documents d’archives, les témoignages vivants et les objets muséaux, des matériaux bruts qui permettent aux chercheurs d’en tirer scientifiquement profit pour l’écriture de l’histoire. Le ministère veille également à encourager et à valoriser la production des études et des travaux de spécialistes par l’édition et la réédition ainsi que la traduction et la distribution.
Des travaux qui sont mis à la disposition du public, à titre gracieux, à l’université, dans les maisons de la culture, les centres culturels et les bibliothèques.
M. Bouraib
Auteur: elmoudjahid
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