Les exigences de la conjoncture que nous vivons rendent indispensable la nécessité de transmettre aux Algériens un legs historique susceptible de tentatives de falsification des faits orchestrées par des forces nuisibles. Dans son message à la Nation, à l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, le président Abdelmadjid Tebboune a pris la noble décision d’instituer le 8 mai de chaque année, journée nationale de la Mémoire, de même qu’il a donné instruction de lancer une chaîne télévisée nationale spécialisée dans l’histoire, qui constituera un support pour le système éducatif dans l’enseignement de cette matière pour toutes les générations. Il incombe à nos historiens, écrit le chef de l’Etat, d’élucider chaque étape et toutes les autres avec un haut degré de crédibilité, c’est l’une des préoccupations de l’Algérie nouvelle et de sa jeunesse. Il a ainsi exhorté les historiens à procéder aujourd’hui à l’élucidation méthodique de chaque recoin de cette étape et de toutes les autres ancrées dans la mémoire de la nation afin de rendre justice aux générations montantes. Le Bureau de l’Assemblée populaire nationale a transmis huit amendements proposés au projet de loi instituant le 8 mai 1945, journée nationale de la Mémoire à la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés. L’intérêt pour l’histoire se confirme de plus en plus et l’on assiste à une réhabilitation progressive de l’acte d’écrire, de témoigner, de consigner, en un mot de lever le voile sur des sujets tabous. Des dirigeants du Mouvement national, jadis marginalisés, voire proscrits sont réhabilités ; les ouvrages, les recherches, les enquêtes de plus en plus crédibles sont portés à la connaissance du public. Le passé est revisité et fait irruption dans un présent en devenir. Il ne surgit pas par simple effet de contingence mais en relation avec des acquis appelés à être pérennisés. Le citoyen ne se contente plus d’une narration sublimée. Il ne se laisse pas entraîner par les mirages des scoops, des révélations fracassantes ou par la langue d’Esope. Il a besoin de versions solides diversifiées, qui soient fructueuses pour une bonne compréhension de son histoire. L’ouverture du champ de l’histoire à toutes les tendances est une richesse et un excellent capital mémoriel. C’est cela qui permet de contrecarrer les tentatives irrationnelles de groupes de nostalgiques, des lobbies épars qui s’ingénient à glorifier «les bienfaits» de la colonisation, à vouloir accréditer une écriture de l’histoire frappée d’une évidente cécité scientifique et mentale. Il serait beaucoup plus juste et honnête, pour apaiser les esprits, de parler de «décivilisation» avec ses entreprises systématiques de dépersonnalisation, d’acculturation du peuple algérien.
M. Bouraib
Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.