Édito - Tunisie: Ces dépanneurs si précieuxÉdito - Tunisie: Ces dépanneurs si précieux

Qui n’a pas eu recours à leurs services ces dernières semaines? Avec des expériences vécues différentes, les dépanneurs se sont imposés en toute urgence dans notre vie quotidienne. On les cherche désespérément, leur fait confiance et les paye rubis sur l’ongle. L’essentiel est qu’ils réparent la panne au plus vite.

Fortes chaleurs et coupures répétées du courant ont mis à rude épreuve les infrastructures et les équipements ménagers. Réfrigérateurs et machines à laver défaillants, climatisation en panne, connexion internet au gré de l’électricité et installations endommagées: rares sont ceux qui y échappent.

Trouver un réparateur compétent et disponible relève alors du parcours du combattant. Les recommandations circulent, les réseaux sociaux servent d’annuaire improvisé, mais rien ne garantit ni la qualification du technicien, ni la qualité de son intervention, ni la transparence de sa tarification. Le client ignore souvent si la panne a été correctement diagnostiquée, si les pièces remplacées sont neuves ou d’origine, si le prix demandé est justifié et, surtout, à qui s’adresser en cas de litige. Soumis à la pression de l’urgence, il paye!

Dans de nombreux pays, les métiers du dépannage sont mieux structurés. L’exercice de certaines professions est soumis à une qualification reconnue, parfois à une certification professionnelle ou à une inscription auprès d’une chambre des métiers. Le technicien remet systématiquement un devis au-delà d’un certain montant, délivre une facture détaillée précisant le coût de la main-d’œuvre et celui des pièces remplacées, et offre, dans bien des cas, une garantie sur son intervention.

Ces bonnes pratiques sont inspirantes. Le secteur du dépannage représente un gisement considérable d’emplois qualifiés, mais il souffre d’une forte informalité qui pénalise à la fois les consommateurs et les artisans sérieux. Ces derniers sont les premiers à subir la concurrence déloyale d’intervenants non déclarés, sans formation suffisante et sans responsabilité clairement établie.

Professionnaliser le dépannage est une nécessité. Une carte professionnelle délivrée aux artisans qualifiés constituerait un premier pas vers une meilleure identification des compétences. Elle pourrait être adossée à une formation certifiée. Certaines grandes marques s’y sont mises. Une garantie minimale sur les réparations offrirait également une protection bienvenue.

Une plateforme digitale, accessible via une application mobile, est à envisager. Elle pourrait répertorier les dépanneurs agréés, leurs spécialités, leurs zones d’intervention, leur disponibilité, leur certification ainsi que les évaluations laissées par les clients. Une telle transparence favoriserait naturellement les professionnels les plus performants.

Disposer d’un réseau de professionnels qualifiés n’est plus un simple confort. Dans un contexte où les épisodes climatiques extrêmes sont appelés à se multiplier, c’est une exigence de service public et un facteur de compétitivité… 

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