Au moment où s’achève l’année scolaire 2020/2021 dans les établissements scolaires primaires et maternels du Cameroun, l’Inspection générale des services (Igs) du ministère de l’éducation de base (Minedub) dresse son bilan pédagogique, administratif, ainsi que sur le plan de la gouvernance interne. D’après un rapport rendu public par ce service, le département ministériel dirigé par Laurent Serge Etoundi Ngoa n’est pas épargné par les phénomènes tels la corruption, la perception des frais illicites, les dysfonctionnements dans les décaissements des crédits de fonctionnement, la non-distribution des paquets minimums. Concernant la lutte contre la corruption, l’Igs du Minedub a mené une série de vérifications de cas de dénonciation d’actes de corruption dont elle a été saisie. Ainsi, pour la période de septembre 2020 à mai 2021, 64 cas de dénonciations ont été enregistrés. Après examen minutieux, il en ressort 24 cas avérés, et 40 non avérés. Soit un taux de révélation de 37,50%.
Lire aussi : Education : 1 million de logiciels offerts par Carousel Finance aux écoles camerounaises
Parmi les responsables épinglés on peut citer des cas de perception des frais illicites de la part de certains directeurs d’établissements. Ces directeurs d’écoles indélicats font partie 16.404 ciblés par le Minedub (0,038% de taux de perception de frais illicite). L’inspection générale des services de ce ministère a également découvert, au titre au cours de la période considérée, des cas d’extorsion de fonds aux parents d’élèves, fraudes aux examens, indélicatesse avérée constatée dans le cadre de la gestion des frais d’examen de la session 2020. Ce, malgré un montant de 1,2 milliards de FCFA générés par les inscriptions aux examens et concours officiels de la session 2021.
Sur la gestion du paquet minimum, avant la rentrée scolaire 2020/2021, l’Igs du Minedub a constaté un faible taux de distribution de la part des collectivités territoriales décentralisées. Seules 131 communes ont procédé à cet exercice, soit un taux de distribution de 36,3%. En hausse, toutefois, par rapport à celui de l’année scolaire 2019/2020 (99 communes sur 360, soit un taux de distribution de 27%). Sur les crédits de fonctionnement, le Minedub regrette «les déperditions enregistrées du fait de certains responsables administratifs, des services financiers du Ministère des finances en charge de la liquidation de la dépense et certains inspecteurs d’arrondissement de l’éducation de base». Ces manquements ont provoqué, d’après les responsables du Minedub, «un retard considérable de leur liquidation, voire une absence totale de traitement de dossiers y afférents auprès des postes comptables du Trésor ».
Lire aussi : La Banque mondiale accorde 57 milliards à l’éducation de base
«Les activités de lutte contre la corruption ont été sanctionnés par plusieurs décisions portant aussi sur la prévention (ateliers sur les initiatives à résultats rapides) que sur le répression (Brigade de lutte contre la corruption, décisions de suspension et de relève en l’endroit des responsables incriminés, une décision de levée de suspension), au terme des constatations relevées dans le cadre des mesures conservatoires. On peut relever que les termes de la circulaire du 23 novembre 2020 fixant les modalités de collecte, de conservation et de gestion des frais d’inscription aux examens et concours de la session 2021 sont bien respectés par l’ensemble de vos collaborateurs de terrain. La mission, objet de l’espèce, à vocation préventive et pédagogique, aura permis de minimiser les risques de distraction des fonds généralement décriés dans ce domaine », précise le rapport Minedub.
Lire aussi : Crise sanitaire : 15 ministères exclus du partage des fonds de la Covid-19
L’article Education de base : l’inspection générale des services fait le bilan de la corruption en milieu scolaire est apparu en premier sur EcoMatin.
Auteur: Georges Semey
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.