Dans son dernier communiqué, le ministère de l’Education nationale a annoncé la continuité de son plan d’urgence avec quelques modifications. En plus des cours télévisés et sur Youtube, les leçons du 3e trimestre seront également diffusées sur les chaînes de la Radio nationale.

Alors que l’année scolaire se termine et que la fin de la pandémie est encore incertaine, le ministère de l’Education nationale campe sur sa position. Des cours dispensés en ligne et sur les chaînes de la Télévision nationale et un black-out total quant à la tenue ou pas des examens de fin d’année. En parallèle, les élèves et leurs parents sont dans le flou.

Ne communiquant qu’à travers des communiqués officiels publiés sur sa page Facebook et son site web, le ministère de l’Education s’abstient d’annoncer la couleur quant au maintien ou pas du calendrier des examens de fin d’année. Une position qui plonge les élèves, notamment ceux du baccalauréat, et leurs parents dans un tourbillon de questions et une crainte infinie.

Dans son dernier communiqué, le département de Mohamed Ouadjaout a annoncé la continuité de son plan d’urgence avec quelques modifications. En plus des cours télévisés et sur YouTube, les leçons du 3e trimestre seront également diffusés sur les chaînes de la Radio nationale. Des émissions pour la prise en charge psychologique des élèves seront également diffusées.

Un travail qui se fera, selon le même communiqué, en collaboration avec les directions de l’éducation du territoire national. En plus de cela, le Centre de recherche sur l’information scientifique et technique (Cerist) est tenu d’aider le ministère à préparer des cours comportant des solutions types pour des exercices et des sujets pour les élèves concernés par les examens de fin d’année.

Des élèves qui restent dans l’expectative. «On ne sait plus si nous devons nous concentrer sur les révisions de nos cours déjà dispensés en classe ou sur ces nouvelles leçons dispensées en ligne. Avec les perturbations d’internet et le faible débit, nous avons, mes camarades et moi, du mal à les suivre. Sincèrement, nous n’arrivons pas à voir le bout du tunnel», s’inquiète Yasmine, élève en 3e année secondaire au lycée Hassiba Ben Bouali, à Alger.

Suivi mitigé des cours en ligne

En effet, lancées le 5 avril dernier via 17 chaînes sur YouTube, les vidéos diffusées sur les web TV de l’Office national de l’enseignement et de la formation à distance  connaissent un taux de suivi très mitigé, pour ne pas dire faible, par rapport au nombre d’élèves concernés par ces cours. Le nombre de vues de ces vidéos n’est plus ou moins important que pour celles mises en ligne, il y a deux semaines.

Ceci est constaté notamment pour les élèves en classe de terminale. Cela ne dépasse pas les 100 000 vues. Pour les autres paliers, le taux de suivi est un peu mieux. Il a atteint les 120 000 vues pour certaines matières jugées essentielles, à l’instar des mathématiques.

Toutefois, il est loin de démontrer l’efficacité de ce mode d’apprentissage en ligne. De plus, plusieurs élèves que nous avons approchés se sont également plaints de la qualité audio de ces vidéos. «Je ne cesserai de le dire : le taux de faisabilité du plan d’action du ministère est très faible. La solution aujourd’hui est d’avouer la fin de l’année scolaire, de comptabiliser les moyennes des deux trimestres tenus en classe pour le passage des élèves des différentes classes ainsi que ceux de la 5e année primaire et 4e année moyenne. Pour ceux du baccalauréat, il faut carrément aller vers une session en septembre et une période de révision en août.

Pour cette période inédite, il faut des mesures courageuses et exceptionnelles», souligne Boualem Amoura, président du Satef, avant d’insister sur l’inefficacité de cette politique de maintien de l’incertitude. Un avis partagé par Ali Benzina, président de l’Organisation des parents d’élèves. Pour lui, il est important aujourd’hui que le ministère adopte des positions claires par rapport aux examens de fin d’année.

«Inquiets quant à la scolarité de nos enfants, nous devons aujourd’hui être fixés. Le ministère doit annoncer ses scénarios envisageables si la période de confinement dure encore plus. L’avenir de nos enfants mérite plus de clarté», déclare notre interlocuteur qui dévoile avoir déjà envoyé une correspondance au président de la République afin de prendre les mesures nécessaires pour sauver cette année scolaire inédite.

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Auteur: Anis Khecheba
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