IDIR. D’ailleurs, mais éternellement…
… d’ici
J’accomplis tous les matins une marche sanitaire de 30 minutes, dans un rayon de 3 kilomètres autour de mon domicile. Avant, je marchais allègrement, le nez face au vent. Mais ça, c’était avant ! Aujourd’hui, je marche allègrement toujours, mais le nez derrière une bavette. Des choses ont changé. D’autres, non ! Comme cette pratique qui me révoltait déjà, du temps d’avant le Covid-19. Des enfants mineurs, parfois pas plus hauts que trois pommes, envoyés aux courses par leurs parents. Je les croisais, les bras touchant presque le sol, chargés de sacs à provisions. C’était déjà insupportable, ce travail forcé des enfants. Aujourd’hui, par temps de confinement, c’est encore plus insupportable. Aucune mesure de distanciation. Aucune mesure barrière. Aucune protection. Ni masque. Ni gants. Ni gel hydroalcoolique. Juste des bambins sur la route, de retour du marché ou de la supérette. Bien sûr qu’il ne faut pas conclure trop hâtivement. Bien sûr que la réalité de certaines familles, comme des handicaps ou des incapacités réelles de certains parents à sortir, ne doivent pas me conduire à mettre tout le monde dans le même sac rempli de ma bile. Mais toutes et tous, tous ces parents ne sont pas des handicapés, des personnes à mobilité réduite ou des conjoints interdits de sortie par la débilité des «traditions» et de la misogynie. Alors ? Eh bien, là, sur cette route, durant les 30 minutes de ma marche sanitaire quotidienne, j’ai cette terrible impression que, chez nous, on a inventé un concept infect, celui de l’enfant-barrière contre le coronavirus. Du mioche bouclier face au virus. Parents confinés à la maison ! Progéniture en expédition mortifère dehors ! Et on ose, après, venir me parler encore et encore d’el kebda ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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