Ce n’est que par la voie du dialogue qu’un consensus pourrait émerger quant à la tenue d’une élection présidentielle crédible et transparente.
L’élection présidentielle préoccupe nombre de nos politiques qui y vont chacun de sa propre analyse. Ces avis, auxquels s’ajoutent ceux d’experts en droit constitutionnel, s’ils divergent sur la manière à faire valoir pour réussir une présidentielle devant conforter véritablement et définitivement la souveraineté du peuple, s’accordent toutefois sur le fait que seul un scrutin au suffrage universel est la solution la plus indiquée au contexte actuel. Un contexte qui n’est pas forcément synonyme d’une situation de crise comme certains s’empressent à la qualifier.
En effet, les évènements qu’a connus le pays depuis le 22 février et qui sont toujours d’actualité peuvent aussi être perçus comme une aubaine, sinon l’élément déclencheur d’une profonde mutation ouvrant grandement la porte vers une nouvelle République plurielle, citoyenne, progressiste dans sa promotion des libertés individuelles et collectives, résolument tournée vers la modernité.
D’aucuns approuvent en effet que le contexte actuel fait d’une dynamique de manifestations pacifiques pour le triomphe des libertés démocratique et d’une justice de qualité est propice à la consécration d’une nouvelle ère de gouvernance. Nombreux sont les espoirs nourris par les dignes enfants de ce peuple quant à voir l’évolution de la situation politique se traduire par une rupture totale avec les pratiques de gestion des affaires publiques qui sont à la fois improductives, ayant fait que le pays peine à prendre son envol, en dépit du riche potentiel dont il dispose. Cela ne relève pas de l’impossible, loin s’en faut, pour un peuple qui s’est distingué tout au long de son histoire plusieurs fois millénaire par un refus catégorique d’allégeance et une farouche volonté de surmonter toute épreuve.
A ce propos, n’est-ce pas que l’indépendance du peuple algérien arrachée de haute lutte est l’une des épopées phares inscrites parmi les événements majeurs du siècle dernier? N’est-ce pas ce même peuple qui a résisté et vaincu seul le terrorisme barbare ayant, dix années durant, semé mort et désolation dans le pays? Aujourd’hui, les Algériens font face à de nouveaux défis qui n’ont d’égal que le caractère sensible de la conjoncture que traverse le pays. Le premier de ces défis est, à l’évidence, celui de la préservation de l’intérêt suprême, de la stabilité et de la cohésion nationale. Ce qui devrait s’inscrire au rang des priorités de nos politiques et d’autres représentant de la société civile, d’autant plus que l’Etat major de l’ANP avertit de l’existence de complots tramés par des groupuscules qui voudraient voir la situation actuelle perdurer davantage vers l’anarchie et le chaos. L’autre défi qu’il faudrait aussi relever sans trop tarder est de parvenir à une solution consensuelle entre les officiels de l’Etat et les représentants de la classe politique et de la société civile. A ce propos, si le Chef de l’Etat maintient l’organisation de l’élection présidentielle le 4 juillet, soit dans le respect des échéances constitutionnelles, c’est aussi compte tenu du fait que son appel au dialogue, toujours en vigueur, n’a pas encore été suivi par l’ouverture de consultations. Et bizarrement, ce sont ces mêmes voix qui refusent de répondre à l’appel au dialogue maintes fois réitéré par le Chef de l’Etat qui rejettent l’option d’une présidentielle le 4 juillet.
Or, le bon sens aurait voulu que l’ensemble des partis politiques et représentants de la société civile puisse adhérer à un processus de réflexion sur la voie devant permettre de transcender la situation actuelle et d’aller vers des élections démocratiques.
Ce n’est que par la voie du dialogue en effet qu’ un consensus pourrait émerger quant à la tenue l’élection présidentielle crédible et transparente pour, ensuite, œuvrer à cristalliser les revendications exprimées par des millions d’Algériens lors des marches pacifiques pour un changement radical.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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