L’Ordre des ingénieurs tunisiens a appelé mardi à l’adoption d’un plan national de sécurité électrique pour la période 2027-2030, fondé sur une gouvernance claire et sur un mécanisme permanent de coordination entre le gaz, l’électricité, les énergies renouvelables, les réseaux et le financement.
Lors d’une table ronde consacrée à la « feuille de route énergétique de la Tunisie 2027-2035 », l’Ordre a estimé que garantir la sécurité énergétique suppose de passer du traitement des crises conjoncturelles à une planification anticipée. Il plaide pour un dispositif intégré assurant la continuité de l’alimentation en électricité et renforçant la capacité du pays à faire face aux pics de demande.
Il exhorte les décideurs à faire réaliser un audit indépendant de la puissance réellement garantie de chaque unité de production et à lancer un programme d’urgence pour récupérer les mégawatts perdus. Il demande aussi de sécuriser les approvisionnements en gaz pendant les périodes de pointe et d’accélérer la réalisation des projets d’énergies renouvelables, tout en renforçant le réseau électrique.
L’Ordre propose en outre un programme national de batteries et un autre de maîtrise de la demande aux heures de pointe, ainsi qu’un tableau de bord national doté d’un indicateur de suivi de la marge de sécurité électrique. Chaque projet devrait par ailleurs disposer d’un plan de rechange en cas de retard.
Tarification incitative et coupures annoncées à l’avance
S’agissant du rôle des citoyens, l’Ordre juge que la maîtrise de la consommation aux heures de pointe, en particulier celle des climatiseurs, peut alléger la pression sur le réseau. Il considère toutefois que les campagnes de sensibilisation ne suffisent pas à elles seules et appelle à une tarification incitant à consommer en dehors des heures de pointe, ainsi qu’à des normes plus strictes d’efficacité des équipements électriques.
L’autoproduction solaire et l’usage de lampes et d’appareils économes en énergie comptent, selon lui, parmi les moyens les plus rapides de soulager le réseau. En cas de nécessité, les coupures tournantes devraient être programmées, annoncées à l’avance et réparties équitablement entre les régions, en épargnant autant que possible les installations vitales.
Le doyen de l’Ordre, Mohsen Gharsi, a insisté sur la nécessité de tirer les leçons de l’été 2026 et de préparer dès maintenant l’été 2027, au moyen de propositions pratiques et réalistes, dans la limite des moyens des entreprises nationales et sans empiéter sur le rôle d’autres institutions. Ces propositions et solutions techniques ont été soumises aux pouvoirs exécutif et législatif, a-t-il indiqué, afin de passer à l’action, de gagner du temps et d’éviter les graves conséquences qu’aurait une répétition des difficultés d’approvisionnement l’été prochain.
Il a également relevé que le manque de cadres et de compétences nationales, notamment au sein de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, constitue l’un des défis actuels, sur fond de départ de compétences vers l’étranger. Cette situation figure, d’après lui, parmi les facteurs qui ont contribué aux difficultés de gestion des entreprises publiques.
Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Auteur: Tunisie Numérique
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.
