L’élevage équin a enregistré, ces dernières années, un recul sensible qui risque d’hypothéquer son avenir, selon diverses parties concernées et spécialistes. Ainsi et dans le but de relancer cette filière, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Cherif Omari, a reçu, jeudi dernier, au siège du ministère, les représentants des éleveurs et propriétaires de chevaux de différentes wilayas du pays. «L’occasion d’évoquer plusieurs questions relatives à la relance et au développement de l’élevage équin», indique un communiqué de presse du ministère, cité par l’APS. Lors de cette rencontre à laquelle étaient également présents des cadres du ministère, M. Omari a écouté les préoccupations des éleveurs et propriétaires de chevaux et leurs propositions visant à trouver des solutions adéquates aux problèmes rencontrés par l’éleveur, ainsi que les mécanismes à mettre en place pour relancer cette activité agricole à dimension historique, culturelle, sociale et économique dans plusieurs wilayas du pays, précise la même source. Soulignant la disponibilité des autorités publiques à accompagner les professionnels de cette filière sur tous les niveaux, le ministre les a appelé à s’organiser au sein de coopératives agricoles en vue de faciliter les opérations d’accompagnement et d’encadrement, notamment en ce qui concerne la santé animale et l’amélioration des races.

Le ministre a insisté, en outre, sur l’impératif de moderniser cette activité, à travers la numérisation, pour favoriser la transparence dans la gestion et accélérer l’application des mesures prises par les autorités publiques en faveur des éleveurs et des professionnels, ainsi que l’importance de valoriser cette activité pour créer une plus-value à l’économie nationale.

Le ministre de l’Agriculture a donné des instructions pour élaborer une feuille de route avec la contribution des professionnels, notamment les éleveurs de chevaux, afin de développer cette filière en se basant sur le restructuration de l’Office national de développement des élevages équins et camelins, ainsi que l’organisation des éleveurs. 

Absence de programmes appropriés pour le développement de l’élevage équin

En effet, selon les milieux agricoles, la baisse dans l’activité de l’élevage, que d’aucuns considèrent comme un legs séculaire, est imputée à moult facteurs inhérents, notamment à l’absence de programmes appropriés pour le développement de l’élevage équin. Parmi ces facteurs, le prix élevé des bêtes, oscillant entre 200.000 et 600.000 DA, en plus des faibles conditions sociales des propriétaires de chevaux, de la cherté de l’aliment du bétail, ainsi que de l’absence de suivi vétérinaire pour les races existantes. 

Aussi, pour le développement de cette filière,  les spécialistes de la filière recommandent la création, notamment de structures et espaces publics et touristiques susceptibles d’influer positivement sur ce créneau, et d’apporter aide aux éleveurs par la mise à leur disposition d’équipements nécessaires, aliments et produits vétérinaires. 

La population équine algérienne, estimée à 250.000 chevaux, est constituée à 90% de chevaux Barbe et Arabe Barbe (et Selle algérien). Les 10% restant se répartissent entre chevaux Arabe, Pur-sang Anglais et Trotteur Français.

La conservation de ces populations est relativement bonne, mais reste menacée par les effets de la consanguinité, compte tenu de la faiblesse de la taille des populations. Pour le pur-sang arabe, il existe en Algérie trois variétés : haymour, boughareb, merizigue. Le cheval barbe (cheval numide), issu de la découverte, dans les années 1980, d’un cheval sauvage au Maghreb, est maintenant admis que le cheval barbe est d’origine autochtone avec un aspect général de cheval «élégant et distingué». Le Haras national de Chaouchaoua (Tiaret) est une ferme-pilote devenue aujourd’hui une des plus grandes jumenteries d’Afrique. Le domaine a pour mission principale de produire des reproducteurs de race barbe, ainsi que des étalons de race arabe barbe améliorés, tels que bango, safita, zilzal, masbout, el managhi…

Salima Ettouahria

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.