Publié le 03.09.2019 à 22h50 par AFP

Plusieurs centaines de Britanniques hostiles au gouvernement de Boris Johnson manifestaient mardi soir aux abords du Parlement à Londres avant un vote crucial des députés visant à empêcher un Brexit sans accord.

Dans la foule, des manifestants brandissaient des pancartes « Stop the coup » (Arrêtez le coup d’Etat), « Défendez notre Parlement », en référence à la décision du Premier ministre conservateur de réduire drastiquement le nombre de jours de débats à la Chambre des communes avant le 31 octobre, la date prévue du Brexit.

John, un trentenaire travaillant pour une organisation caritative, « espère vraiment » que le gouvernement va « perdre le vote, ce qui signifie que demain, avec un peu de chance, nous pourrions avoir une mesure sensée, à savoir que nous n’aurons pas de Brexit sans accord qui serait catastrophique », a-t-il déclaré à l’AFP.

Venue de Hastings, à 90 km au sud de Londres, Rachel Power, juge « assez dégoûtant ce que fait le gouvernement ». « Je ne pense pas qu’ils écoutent le peuple », déplore la quadragénaire, avec ses deux chiens, l’un emmailloté dans un drapeau européen, l’autre dans l’ »Union Jack ».

« Et je ne pense pas qu’ils appliquent ce pour quoi les gens ont voté à l’origine (lors du référendum de juin 2016 sur le Brexit). Donc, il faut vraiment faire quelque chose », insiste-t-elle.

« Si nous sommes assez nombreux à nous battre ici, je pense que quelque chose peut arriver », renchérit Carmel Lewson, la vingtaine.

– « Scénario horrible » –

Vêtu de bleu, la couleur du drapeau de l’Union européenne, John Wetherall, ingénieur chimiste à la retraite, espère que « maintenant que Boris Johnson a perdu sa majorité, un peu de bon sens vienne du Parlement et qu’il reporte au moins la date du 31 octobre ».

Un député conservateur, Phillip Lee, a quitté mardi les rangs conservateurs pour rejoindre les bancs du Parti libéral-démocrate, une formation europhile de l’opposition. Sa défection a fait perdre au gouvernement sa majorité absolue.

En manifestant, Allison Miller, écrivaine d’une cinquantaine d’années, entend « soutenir nos parlementaires pour s’assurer que tout ce scénario horrible (du « no deal ») ne se produise pas, parce que c’est notre Parlement, pas celui de Boris Johnson ».

Déguisé en pénis géant, avec une pancarte «  »Bollocks to Brexit » (« Brexit mes couilles ») à la main, Sam March, un jeune Londonien, fait valoir que « notre gouvernement n’a pas de mandat pour faire un Brexit dur ».

« La seule façon d’aller de l’avant maintenant est donc de retourner aux urnes sous une forme ou une autre », plaide-t-il.

« Je préférerais un référendum mais si des élections générales sont nécessaires, alors il faut des élections générales », conclut-il.

Auteur: AFP
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