Les principaux indicateurs macroéconomiques 2020 seront assortis d’un astérisque marquant le caractère exceptionnel de l’année après une crise inédite dont les répercussions se ressentiront encore longtemps.

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Les dépenses pour soutenir l’économie face au coronavirus vont entraîner une hausse significative de la dette. En tenant compte de la dette garantie, l’encours de la dette publique dépasserait 1.000 milliards de DH

Les dépenses exceptionnelles imposées par la pandémie du coronavirus (aides aux salariés et au secteur informel, appui aux entreprises…) et des recettes en berne en raison de la dégradation de l’activité économique induisent un solde ordinaire négatif équivalent à 0,7% du PIB selon le HCP (contre +1,6% en moyenne annuelle durant la période 2014-2019). C’est une première depuis 2014. Le déficit budgétaire global se creuserait à 7,4% du PIB, soit le double de 2019 selon l’institution. Il ressortirait à 7,8% du PIB selon les prévisions de la Banque mondiale.

Un peu partout, les gouvernements ont temporairement fermé les yeux sur ces indicateurs afin de soutenir au mieux leurs économies. Le plan de relance de 120 milliards de DH s’appuie en partie sur des prêts garantis par l’Etat. L’un des enjeux  est d’orienter ces liquidités vers des entreprises viables afin qu’elles ne se transforment pas en fardeau pour les finances publiques.

La capacité à maîtriser la pandémie et à favoriser une reprise rapide de l’activité est essentielle pour éviter de se retrouver devant un mur d’impayés. Plus de 86.000 entreprises ont bénéficié des crédits Oxygène et Relance selon le dernier bilan arrêté au 31 décembre. Ce soutien à l’économie se traduit par une augmentation de l’endettement. Le Trésor finira l’année avec une dette de 77,7% du PIB selon les estimations du Haut-commissariat au plan.

Cela représente un choc de 12,8 points  de pourcentage du PIB dû à la crise sanitaire. Le PIB est attendu en baisse de 7%, ce qui explique aussi l’envolée du taux d’endettement. Aux conditions actuelles d’emprunt, le recours à la dette ne suscite pas de réelles inquiétudes. En outre, sa hausse intervient dans un contexte inédit.

Cela dit, le gouvernement pourrait dégager des marges de manœuvre budgétaire supplémentaires en accélérant un certain nombre de réformes, notamment sur le train de vie de l’Etat. En tenant compte de la dette garantie, l’encours de la dette publique franchirait la barre de 1.000 milliards de DH pour atteindre 95% du PIB en 2020 puis 96% l’année suivante.

F.Fa
 

 

Auteur: hlafriqi
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