La hausse de 4% du chiffre d’affaires (298,5 milliards FCFA) d’Energy of Cameroon (Eneo) en 2018 cache un certain nombre de défis que doit surmonter l’entreprise. Pour atteindre la pleine capacité de ses performances, le concessionnaire du service de l’électricité au Cameroun doit mobiliser des ressources en investissement de l’ordre de 521 milliards de FCFA sur les 12 prochaines années (2020-2031). 

La mise à disposition de ces ressources doit permettre à Eneo d’augmenter le nombre de câbles souterrains de 1 000 km à 3 000 km ; parvenir à une gestion automatisée du réseau de distribution et une géolocalisation de 100% de ses clients; réduire les pertes en distribution à 21,5% en 2021 et 14% en 2031, contre 30% aujourd’hui. Mais également, augmenter le portefeuille clients de 1,8 million en 2021, 3,5 millions en 2031 contre 1,4 million en 2018 ; porter la longueur des lignes moyenne tension (MT) et basse tension (BT) à 33 000 km pour les premières en 2031 et 35 000 km pour les secondes contre 17 000 km aujourd’hui.

Pour financer ce plan d’investissement, outre des apports externes, le concessionnaire compte principalement « mobiliser l’autofinancement dont les deux principales sources sont le tarif d’électricité et le paiement des consommations de l’Etat et ses démembrements ». L’impact attendu est de répondre à la demande (7,5% par an) en énergie électrique de la population et du secteur industriel camerounais. Notamment celle d’Alucam qui constitue le plus gros consommateur de ce secteur et envisage actuellement de tripler sa capacité de production. 

Réduction des coûts

« Le système électrique camerounais est caractérisé par une demande en énergie relativement élevée qui nécessite la mise en service de nombreux ouvrages (production, transport et distribution) et donc des investissements importants suivant la courbe d’évolution de la demande. Une bonne coordination entre les acteurs et des investissements massifs permettra certainement de réduire cette tension permanente entre l’offre et la demande », rélève Eric Mansuy, directeur général d’Eneo pour qui « seul l’assainissement durable des finances du secteur de l’énergie permettra le retour de la confiance des investisseurs et la levée des fonds nécessaires à ces investissements ».

Ce n’est pas tout. Les retombées d’un tel investissement, indiquent les responsables d’Eneo, conduiront à la réduction des coûts de l’électricité au Cameroun adoubée d’une meilleure qualité de service. Et ce, en investissant dans les équipements et en préservant les équilibres financiers. En attendant que ces mesures soient mises en place et compte tenu de la situation financière critique dans laquelle se trouve Eneo aujourd’hui, l’entreprise compte poursuivre « les efforts mis en œuvre pour améliorer ses performances opérationnelles (rendement de distribution, taux de recouvrement, réduction des pertes, etc.), rétablir les grands équilibres de ses comptes, rembourser sa dette et financer ses investissements ».

Améliorer le service électrique reste un défi 

Entrée en scène en 2014, la filiale du fonds d’investissement britannique Actis progresse dans son plan d’action visant à fournir aux abonnés, une énergie fiable et de qualité. Aujourd’hui, comme hier, le défi de l’accès à une énergie fiable et de qualité pour tous (ménages et entreprises) reste non relevé. C’est sur ce chantier prioritaire qu’Energy of Cameroon (Eneo) consacre depuis plus de quatre ans déjà, toute son énergie.

Le concessionnaire de l’électricité au Cameroun indique que cette amélioration du service passe d’abord par la modernisation des équipements : « À ce sujet, nous avons tout un programme Smart Eneo qui comprend la géolocalisation des ouvrages, les compteurs intelligents et prépayés, le système de gestion de l’information technique ».  Grâce à ces équipements annoncés, la filiale camerounaise d’Actis compte réduire les délais d’intervention en cas de panne et resoudre l’épineux problème des créances qui se chiffre en milliards de FCFA. En effet, les nouveaux compteurs intelligents rechargeables avec du crédit de communication sur un téléphone portable imposent désormais aux clients d’Eneo de payer avant d’être servis.  Depuis 2016, les spécimens de ces compteurs dits intelligents ont été installés dans les quartiers de Douala tels que Bali ou encore à Bonapriso dans le cadre d’une phase pilote.

Grosso modo, de 2014 à 2017, le volume cumulé des investissements engagés par l’opérateur historique du secteur électrique au Cameroun se chiffre à près de 115 milliards de FCFA. Pour l’année 2017 en particulier, l’exécution du plan d’investissement de l’entreprise a permis d’enregistrer des améliorations dans la qualité du service électrique fourni aux abonnés du réseau. Tout comme les investissements, la courbe du chiffre d’affaire a progressé sur les quatre dernières années. De 279,2 milliards de FCFA en 2014 à 291,6 milliards de FCFA en 2017.  Eneo a procédé en 2017 à une reconfiguration de son capital, avec l’entrée du personnel dans l’actionnariat de la société, désormais détenteur de 5% des actifs. Un autre fait marquant de l’année.

En quatre ans (août 2014- août 2018), Eneo a réussi la prolongation du contrat cadre de concession et des contrats dérivés qui lient l’entreprise à l’Etat du Cameroun, pour une durée de 10 ans à compter du 18 juillet 2021. Cette fois uniquement, dans les segments de la production et de la distribution. Ceux en cours actuellement conclus pour une durée de 20 ans prennent fin le 17 juillet 2021.

Auteur: Manuela Nomegne
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