Le 22 mars 2022, le chef de l’Etat a fait parvenir aux députés un projet de loi sur l’amélioration de l’offre en énergie solaire au Cameroun à travers l’adhésion à l’ASI. Il s’agit pour le Parlement, après examen et approbation de ce projet de loi, d’autoriser Paul Biya à ratifier l’accord cadre amendé, portant création de l’ASI. Cette initiative franco-indienne lancée en 2015 à l’occasion de la Cop 21 sur les changements climatiques pourrait faciliter l’accès du Cameroun avoir accès aux technologies solaires innovantes et aux financements qui accompagnent leur mise en œuvre.

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L’occasion de l’examen de ce projet de loi par le Parlement camerounais invite à revisiter les politiques publiques en matière de solaire dans un pays dont le potentiel n’est plus à démontrer. En effet, selon une étude transmise le 30 mai 2019 au ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee), le Cameroun envisageait de porter sa capacité en matière d’énergies renouvelables (à l’époque moins de 1%) à 25% (11% de la petite hydroélectricité, 7% pour la biomasse, 6% pour l’énergie solaire photovoltaïque et 1% de l’énergie éolienne, ndlr) à l’horizon 2030. L’étude en question révélait que « le faible recours aux énergies renouvelables prive plus de 10 millions de personnes d’électricité dans le pays ». Les auteurs de ce document qui fonde la politique camerounaise en la matière  indiquait que « l’augmentation de cette capacité pourrait permettre au gouvernement camerounais d’apporter un équilibrage au mix énergétique national dominé par l’hydroélectricité à plus de 90% ».

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Pour atteindre cet objectif, les autorités camerounaises ont lancé divers projets augmentant ainsi les investissements dans les énergies renouvelables. Le pays a lancé par exemple en 2017, un projet d’électrification de 1000 localités rurales par système photovoltaïque. En 2019, ce méga projet avait permis de couvrir 350 localités dans le pays.

Agence d’électrification rurale

Le dépôt du projet de loi évoqué supra se déroule dans un contexte où le gouvernement a décidé d’évaluer l’AER qui éprouve quelques difficultés à accomplir ses missions. En effet, le jeudi 24 mars 2022 à Yaoundé, le  groupement Idea Conseil-Studi Cameroun, commis pour réaliser l’audit de cette structure a présenté les résultats provisoires de son étude. Celle-ci révèle qu’elle est en sous-effectif avec 90 postes sur 155 sont pourvus, et que les ressources financières de l’Agence sont en deçà des besoins.

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C’est à cette entité que le gouvernement avait confié la mission de combler les 35% de déficit d’accès à l’énergie électrique en zones rurales. Par le développement de 50 mini-centrales solaires, avec l’implication de l’AER. Aussi, l’Etat a-t-il répertorié 148 sites représentant un potentiel de 5KW à 500KW et 17 sites représentant un potentiel de 10 MW.

Une mission quasi-impossible. Sauf si les parlementaires décident d’ouvrir les portes du Cameroun à l’ASI.

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Auteur: Bernard Bangda
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